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Les underhooks en MMA : contrôle, transitions et domination au clinch
Tu rentres au corps à corps, les gardes s’effacent, les distances s’écrasent. Ce qui se joue là, dans les deux premières secondes du clinch en MMA, c’est la bataille des underhooks. Pas une question de force brute — une question de timing, de placement et de lecture de l’adversaire. Celui qui prend les bonnes positions contrôle le combat. L’autre subit.
Un underhook, c’est un bras passé sous l’aisselle de l’adversaire, la main qui remonte dans son dos ou sur son épaule. La profondeur tactique derrière ce grip change complètement la dynamique du clinch.
L’underhook : pourquoi c’est la bataille numéro 1 du clinch
Au clinch, chaque bras a une valeur. Un overhook donne du contrôle sur le bras adverse, mais il te place dans une position haute qui limite ta puissance vers le bas. L’underhook, lui, te donne accès au torse, aux hanches, et surtout — à la colonne vertébrale de ton adversaire. Qui contrôle la colonne contrôle le mouvement.
Double underhooks : body lock et takedowns
Les deux bras passés sous les aisselles adverses, c’est la position la plus contrôlante du clinch debout. Tu verrouilles tes mains dans son dos — soit en Gable grip, soit en crochet de poignet — et tu colles ta tête contre sa mâchoire ou son épaule. C’est le body lock.
De là, les options de takedowns en MMA s’ouvrent naturellement : trip de la jambe extérieure, soulevé de corps (suplex position), ou projection sur le côté en poussant les hanches.
La référence : Khabib Nurmagomedov
Si tu veux voir les double underhooks à leur niveau le plus abouti, regarde Khabib. Son entrée au clinch est une machine : il coupe l’angle, se colle au sternum adverse, passe ses deux bras simultanément, et le body lock arrive avant que l’adversaire ait le temps de réagir. Depuis cette position, il choisit — soulevé de corps, projection, amener au sol.
Over-under : qui a l’avantage et comment l’exploiter
L’over-under (un bras dessus, un bras dessous) est la position de clinch la plus fréquente. Aucun des deux fighters n’a l’avantage complet — et c’est exactement pour ça que cette position est si intéressante tactiquement.
Qui a l’avantage dans l’over-under ?
Celui qui a l’underhook a un avantage structural : il peut contrôler les hanches adverses et générer de la puissance vers le bas. Mais celui qui a l’overhook peut neutraliser en pinçant l’underhook adverse avec son coude et en pivotant pour réduire l’efficacité du grip.
L’avantage réel dépend souvent de la profondeur — un underhook profond (main qui remonte haut dans le dos) bat presque toujours un underhook superficiel.
Daniel Cormier est la référence sur l’over-under. Son grip est d’une violence contrôlée : il place son underhook profond, colle son épaule contre la mâchoire adverse, et utilise son poids pour écraser son adversaire vers la cage.
Comment prendre l’underhook : timing et technique
Tu ne prends pas un underhook de force. Tu le glisses dans un espace. La fenêtre s’ouvre quand l’adversaire lève un bras pour frapper, pour se protéger, ou quand il recule légèrement.
Séquence d’entrée en underhook
- Ferme la distance — pas de clinch sans pression. Avance le pied avant, coupe l’angle si tu peux.
- Bloque la tête — ta tête contre sa tempe ou sa mâchoire empêche les coups de tête et te donne un point d’appui.
- Glisse le bras — paume vers le haut, bras en extension, tu passes sous son aisselle en suivant la ligne de son bras.
- Profondeur — remonte ta main le plus haut possible dans son dos. La profondeur du grip, c’est ton levier.
- Coude bas — ton coude doit pointer vers le sol pour que l’adversaire ne puisse pas te pincer le bras.
Défendre et neutraliser l’underhook adverse
Les défenses principales
Le pince-coude : Tu appuies ton coude vers le bas sur son bras pour l’écraser contre ton torse et réduire sa profondeur.
Le short-arm : Tu colles ton coude contre ton flanc pour bloquer le passage.
Le re-entry : Tu contre-prends immédiatement ton propre underhook de l’autre côté pour revenir en over-under symétrique.
Le pivot : Tu tournes du côté de son underhook pour aligner ton corps dans son axe et réduire l’effet de levier qu’il a sur tes hanches.
Transitions depuis l’underhook : takedown, cage, frappe
Vers le takedown
Depuis le double underhook, le double leg takedown arrive naturellement : tu relâches un underhook, tu descends en niveau et tu changes pour les jambes. Tu peux aussi déclencher un trip de la jambe extérieure directement depuis le body lock.
Vers la cage
Le cage work en MMA commence souvent par un underhook. Tu utilises ta position pour pivoter et pousser l’adversaire dos à la cage. Une fois là, tu maintiens le body lock et tu travailles l’usure.
Vers la frappe
L’underhook libère ton autre main. Depuis l’over-under, la main qui overhook peut frapper — uppercut court, crochet au corps, coude. C’est le territoire du dirty boxing en MMA : tu combines le contrôle et les frappes courtes pour finir le travail sans lâcher ta position.
Drill recommandé : la guerre d’underhook
Deux minutes de clinch avec un seul objectif : prendre et garder les double underhooks. Pas de takedowns, pas de frappes — juste la bataille de grip. Ton partenaire fait pareil. Vous changez toutes les deux minutes.
Ajoute une variante : le premier qui prend les double underhooks peut déclencher un takedown ou une sortie cage. Ça rajoute l’enjeu réel et force les deux partenaires à défendre sérieusement.
Tu travailles ton clinch et ta gestion des grips ? Le bon équipement protège tes coudes et tes poignets pendant les sessions d’appui cage et les drills de clinch intensifs.
Sources et références
- Le clinch en MMA — Guide complet du combat rapproché — Grizzliz Media
- Le dirty boxing en MMA — Grizzliz Media
- Le cage work en MMA — Grizzliz Media
- Takedowns en MMA — Guide complet — Grizzliz Media
- Analyse des combats UFC : Khabib Nurmagomedov vs. Conor McGregor (UFC 229, 2018)
- Analyse des combats UFC : Daniel Cormier vs. Stipe Miocic (UFC 226, 2018)
- Firas Zahabi — Clinch Mechanics and Upper Body Control, TriStar Gym breakdown series