Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Née le 22 septembre 1988 à Cleveland, Ohio, Crystal Vanessa Demopoulos a grandi entre les États-Unis et la Grèce — ses grands-parents paternels l’ont élevée là-bas, et le grec est sa première langue. Son adolescence est marquée par des turbulences sérieuses : périodes sans domicile fixe, dépendances. Elle s’en sort, repart de zéro, et finit par bosser comme danseuse exotique pendant plus de treize ans — une discipline qu’elle crédite sans complexe pour avoir développé sa souplesse, sa force de ceinture et sa proprioception, toutes qualités qu’on retrouve ensuite directement dans son jeu de sol.
Elle commence le MMA autour de la vingtaine, construit sa base au jiu-jitsu brésilien (ceinture marron), décroche des titres en compétition de grappling — deux fois championne panaméricaine, sept fois championne nationale américaine, cinq fois médaillée mondiale — et s’impose progressivement sur le circuit régional américain.
Le 17 juillet 2020, à l’occasion de LFA 85 à Sioux Falls dans le Dakota du Sud, Demopoulos s’empare du tout premier titre féminin poids paille de la LFA face à la prospect invaincue Sam Hughes. Le finish arrive au quatrième round via un triangle inversé à 2:21 — une soumission propre, clinique, exécutée avec la confiance de quelqu’un qui sait exactement ce qu’elle cherche sur le tapis.
Son record LFA global : 5 victoires pour 2 défaites dans cette promotion. Suffisant pour taper dans l’oeil de l’UFC.
Elle fait ses débuts à l’UFC le 28 août 2021, sur courte notice, face à JJ Aldrich lors de l’UFC on ESPN 30 — défaite aux points. La suite est plus contrastée, mais le combat qui va la propulser dans la lumière arrive le 22 janvier 2022 à l’UFC 270 contre l’Argentine Silvana Gomez Juarez.
Demopoulos encaisse un droit lourd en début de premier round, se retrouve au sol avec des coups qui pleuvent. Pour la quasi-totalité des gens dans l’arène, le combat est fini. Elle sort un armbar à froid, force la soumission à 2:25 du premier round, et là tout déraille dans le bon sens : elle explose de joie, fait un grand écart à l’annonce de la victoire, puis saute dans les bras de Joe Rogan pendant l’interview d’après-combat — une célébration qu’elle avoue avoir planifiée à l’avance. La séquence devient virale, le surnom « Lil Monster » prend tout son sens.
Elle enchaîne ensuite avec des victoires aux points face à Jinh Yu Frey (juin 2022), Maria Oliveira (novembre 2022), Kanako Murata (octobre 2023) et Emily Ducote (mai 2024). En septembre 2024, elle soumet Jaqueline Amorim à l’armbar en 3:28 du premier round — même méthode, même efficacité. En 2025, deux victoires aux points de plus : contre Talita Alencar en avril, puis Jamey-Lyn Horth en juin.
Demopoulos est avant tout une soumissionnaire. Son jeu de sol est construit sur le JJB, avec l’armbar comme arme de prédilection — elle en a placé deux à l’UFC en sortant de situations défavorables. Sa souplesse athlétique hors du commun lui permet de créer des angles là où d’autres n’ont rien. Elle n’est pas la plus puissante ni la plus explosive debout, mais dès que le combat passe au sol, la dynamique change.
Avec un record MMA global de 11-8 (dont 5-5 à l’UFC), Demopoulos évolue dans les divisions paille et mouche. À 37 ans, elle continue de se battre au plus haut niveau. Son académie — la « Lil’ Monster’s Academy of Pain » — est basée à Los Angeles. Pas le profil du fighter qui finit tranquillement sa carrière.