Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Avant d’apprendre à claquer une guillotine, Julian Erosa descendait des pistes de snowboard et roulait en skate dans les rues de Yakima, Washington. C’est ce gamin né à Seattle le 31 juillet 1989 qui, après avoir abandonné des études de comptabilité à la Central Washington University, s’est mis à taper dans un sac et n’a plus jamais vraiment arrêté. Dix combats amateurs, zéro défaite, puis un passage pro en 2010 : la trajectoire est nette dès le départ.
Avant de fouler l’Octogone UFC, Erosa a fait le ménage sur la scène régionale du nord-ouest américain. Double champion CageSport en poids plume, triple champion CageSport en poids léger, champion Prime Fighting en plume — autant de titres qui ont posé sa réputation de finisseur dans les petits shows du Pacifique Nord-Ouest. C’est ce palmarès qui lui ouvre les portes de The Ultimate Fighter 22, l’édition Team McGregor vs. Team Faber en 2015. Il atteint les demi-finales avant d’être éliminé par Artem Lobov. Pas une honte.
Son premier combat UFC suit dans la foulée, le 11 décembre 2015. Plusieurs allers-retours entre la promotion et le circuit régional jalonnent les années suivantes — une réalité du bas du classement featherweight que peu de gens documentent honnêtement. Erosa, lui, revient à chaque fois.
À 6’1″ pour 74,5 pouces d’allonge dans une catégorie à 145 lbs, Erosa est grand pour les plumes. Ceinture noire de jiu-jitsu brésilien, il s’entraîne depuis 2017 chez Xtreme Couture et au 10th Planet Las Vegas — une combinaison qui a clairement huilé sa garde au sol. Sa signature, c’est la guillotine : il en a fait une arme létale, en grande partie grâce à son partenaire d’entraînement Andy Varela. Sur 31 victoires, 14 viennent d’une soumission et 12 d’un KO. Les décisions, il les laisse aux autres.
En septembre 2020, il accepte un combat de remplacement au pied levé contre Sean Woodson et l’emporte via TKO — bonus Performance of the Night à la clé. Un résultat qui lui sauve littéralement sa place à l’UFC selon ses propres mots. En 2022, sa guerre contre Steven Peterson lui rapporte un bonus Fight of the Night. En décembre de la même année, il s’incline face à Alex Caceres aux points, puis perd contre Fernando Padilla en avril 2023.
La séquence 2024 est probablement la plus impressionnante de sa carrière tardive : le 23 mars 2024, contre Ricardo Ramos, il encaisse bien, place une guillotine au premier round et soumet son adversaire alors même qu’il venait d’être ébranlé. Quatre mois plus tard, le 13 juillet 2024, même méthode contre Christian Rodriguez. Deux guillotines consécutives en UFC, dans des situations où d’autres auraient craqué.
En avril 2025, à l’UFC 314, il met fin au combat contre Darren Elkins au premier round à coups de genoux, coudes et poings. Son duel avec Melquizael Costa en mai 2025, même soldé par une défaite aux points, décroche un bonus Fight of the Night. Son dernier combat en date, le 29 mars 2026 à Seattle — devant son public — s’est conclu par un KO au premier round face à Lerryan Douglas.
À 36 ans, Julian Erosa affiche un record de 31 victoires et 14 défaites en carrière professionnelle (source UFC.com, juin 2026). Ni une étoile montante à propulser, ni un combattant sur le déclin à ménager : un plume à l’allonge longue, à la guillotine affûtée, capable de sortir n’importe qui au premier round le soir où tout s’aligne. C’est déjà beaucoup.