Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Vingt et un combats, vingt et une victoires. C’est le bilan que Douglas Silva de Andrade a ramené du circuit brésilien avant de poser le pied à l’UFC en 2014. Le type arrive de Castanhal, dans l’État du Pará, loin des grandes académies de São Paulo ou de Rio, et il impose d’emblée quelque chose de simple : il envoie les gens au tapis. Sur ses 29 victoires en carrière, 20 sont venues par KO — soit un ratio de 69 % qui dit tout sur son rapport à la finition.
Professionnel depuis 2007, Silva de Andrade construit sa réputation sur les promotions régionales de l’Amazonie — Super Pitbull Fight, Carmen Casca-Grossa Fight, Amazon Fight, Shooto Brazil — avant d’arriver à l’UFC avec un bilan de 21-0 (1 no-contest). Son premier passage dans l’organisation est compliqué : défaite aux points contre Zubaira Tukhugov en février 2014, puis une alternance de hauts et de bas. Mais il ne disparaît pas. Il s’accroche, et en 2018 il sort une victoire aux points contre un Marlon Vera (3 février 2018) qui commençait lui aussi à faire parler de lui.
Sa base c’est le Muay Thai et la boxe, avec un arsenal en puissance suffisant pour conclure les affaires dès le premier round — il en a 11 finitions au premier round en carrière. Ce n’est pas un grappler de formation, mais il a montré à l’UFC 271 qu’il savait aussi aller chercher la soumission quand il le fallait. Avec 1,68 m pour 135 livres et une allonge de 68 pouces, il reste dans des proportions standards pour le coq, mais il compense par sa vitesse de mains et sa dureté mentale.
En novembre 2019, à l’UFC Fight Night de São Paulo, il bat Renan Barao aux points — le même Barao qui a régné sur la division coq pendant des années. Une décision unanime propre, face à un adversaire au nom lourd. Mais le sommet de sa carrière reste probablement la nuit du 12 février 2022 à Houston. À l’UFC 271, il se fait descendre au sol au round 1 et repart avec une énorme entaille à l’œil droit. Round 2, il place un crochet du droit qui secoue Sergey Morozov, lui saute dans le dos et le soumet par rear-naked choke à 3:24. Bonus Fight of the Night. Le scénario classique du type qu’on croit coulé et qui revient mordre.
Le revers marquant, c’est la fin de soirée à l’UFC 232 (29 décembre 2018), quand Petr Yan le stoppe en deux rounds par TKO (arrêt du coin) — l’un des premiers grands écrans d’un Yan qui n’allait pas s’arrêter là.
En mai 2025, le CSAD (organisme anti-dopage de l’UFC) annonce une suspension de six mois : test hors compétition positif à la furosémide, un diurétique, sur un prélèvement réalisé le 14 février 2025 à Belém. L’enquête confirme que la substance provenait d’un complément alimentaire contaminé non labellisé et que l’intention d’en faire usage n’est pas démontrée. Silva de Andrade n’avait pas consommé de compléments validés par un tiers certifié, contrairement aux recommandations de la politique anti-dopage de l’UFC. Suspension du 28 février au 28 août 2025. À 40 ans, il signe un retour avec une victoire par TKO au round 1 contre Javier Reyes le 1er mars 2026 à Mexico.
Son bilan actuel en MMA : 29-7, 1 no-contest. En UFC : 6 victoires, 5 défaites. Un coq vétéran du circuit, capable du meilleur comme du pire, qui continue de produire des finitions spectaculaires quand la nuit lui sourit.