Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
À San Bernardino, en Californie, les gamins qui finissent en famille d’accueil à cinq ans ont rarement une trajectoire vers l’octogone de l’UFC. King Green, lui, a passé une partie de son enfance à naviguer entre une cinquantaine de foyers — père emprisonné, mère dépendante —, a perdu sa grand-mère maternelle qui l’avait recueilli à 14 ans, et a quand même trouvé le chemin vers le combat. C’est son coach Jacob Benhey qui l’a d’abord ramené à la lutte au lycée A.B. Miller High School à Fontana, puis l’a adopté. Le reste, c’est de l’obstination pure.
Débuts professionnels en janvier 2008, à 21 ans. Green construit son palmarès sur les circuits californiens et s’impose rapidement dans le King of the Cage, où il décroche le titre des poids légers en 2011 après avoir glané le Junior Welterweight Championship l’année précédente. Un passage en Strikeforce, quelques combats en Affliction Entertainment — et en février 2013, l’UFC l’appelle. UFC 156, adversaire Jacob Volkmann : victoire par soumission au troisième round, avec un bonus Soumission de la nuit dans la poche dès la première sortie.
Depuis ce soir-là, Green n’a plus quitté l’organisation. Cinquante-quatre combats professionnels au compteur, un record de 35 victoires, 17 défaites et un nul — dont 12 KO, 10 soumissions et 13 décisions. Il détient le record absolu de frappes significatives atterries dans l’histoire des poids légers UFC, avec plus de 2 000 coups encaissés par ses adversaires. Ceinture marron en jiu-jitsu brésilien sous Marcos « Loro » Galvão, il s’entraîne depuis des années à Pinnacle MMA à Fontana.
Green est un combattant complet au sens littéral : il tape, il soumet, il tient la distance, il travaille en clinch. Sa polyvalence lui a valu quatre récompenses Combat de la nuit à l’UFC, dont deux fois contre Lando Vannata (2017 et 2020) — des guerres dont les amateurs de légers se souviennent encore. Ce n’est pas un finisseur spectaculaire par nature, mais il a les outils pour fermer les lumières à n’importe quelle distance, comme il l’a montré à plusieurs reprises.
En juillet 2023, à l’UFC 291, King Green soumet Tony Ferguson au troisième round via arm triangle choke — Ferguson était alors en chute libre, mais le piéger ainsi reste une performance technique solide, récompensée d’un bonus Performance of the Night. Trois mois plus tard, en octobre 2023, il règle le cas Grant Dawson en 33 secondes chrono par KO, un des résultats les plus secs de sa carrière.
La suite est plus contrastée : en juillet 2024 à l’UFC 304, Paddy Pimblett le triangle-choke dès le premier round (3:22). En mars 2025 à l’UFC 313, Mauricio Ruffy le knock-out d’un spinning heel kick à 2:07 du premier round — une des défaites les plus rapides de sa carrière. Mais Green ne disparaît jamais longtemps.
Décembre 2025, Green revient et passe Lance Gibson Jr. à la décision. Février 2026 à Mexico City, il stoppe Daniel Zellhuber au deuxième round à coups de poings (4:55). Mai 2026 à l’UFC 328, il soumet le vétéran Jeremy Stephens via rear-naked choke au premier round — trois victoires consécutives. La prochaine échéance : Terrance McKinney à l’UFC 329 le 11 juillet 2026 à Las Vegas.
En juillet 2024, il a finalisé le changement légal de son prénom de Bobby Ray Green en King — son seul et unique nom désormais. Un type qui a mis des années à construire son identité en dehors des foyers d’accueil, et qui a décidé que le surnom collait mieux à ce qu’il était devenu.