Dans une division flyweight souvent synonyme de boxe propre et de jeux de jambes millimétrés, Tim Elliott fait office d’anomalie. Né le 24 décembre 1986 à Arkansas City (Kansas), cet Américain de 39 ans impose depuis plus de quinze ans un MMA foutraque, brouillon en apparence, mais redoutablement efficace pour quiconque veut tenter de le déchiffrer. Record pro à ce jour : 22 victoires, 14 défaites, 1 nul.
Elliott a grandi à Haysville, Kansas, et s’est mis à la lutte en CM2. Il devient champion de l’État à la Wichita South High School en 2005, puis décroche le titre national NJCAA à l’University of Central Oklahoma en 2007. Cette base de lutteur solide — 45 % de réussite sur les takedowns en UFC — structure tout ce qu’il fait ensuite dans la cage.
Ses débuts en MMA datent de mai 2009. En décembre 2011, avant même de pointer à l’UFC, il met KO (genou) l’ancien champion UFC poids léger Jens Pulver à RFA 1. La carte de visite est posée. Il signe en UFC en 2012, y connaît des hauts et des bas, passe par un passage en Titan FC où il devient champion et enchaîne deux défenses réussies entre 2015 et 2016.
En 2016, Elliott participe à The Ultimate Fighter 24 (Tournament of Champions). Tête de série numéro 3, première sélection de Joseph Benavidez, il balaie la compétition et s’impose en finale le 30 novembre 2016 face au Japonais Hiromasa Ougikubo par décision unanime (30-27). Résultat direct : un combat pour la ceinture UFC mouche contre Demetrious « Mighty Mouse » Johnson le 3 décembre 2016. Il perd aux points, mais impose une pression constante que Johnson lui-même reconnaît.
Le 30 décembre 2017 à l’UFC 219, il soumet Mark De La Rosa à l’étranglement anaconda en 1’41 au round 2 — bonus Performance of the Night à la clé, qu’il dédie à son coach Robert Follis, décédé quelques semaines plus tôt.
Elliott pratique ce qu’on pourrait appeler le « freestyle sous pression ». Il ne boxe pas propre, ne lutte pas académiquement — il scramble, change de rythme en permanence, cherche les positions de soumission dans le chaos qu’il génère lui-même. Ceinture violette en JJB, 8 victoires par soumission en pro, 3 par KO. Il absorbe aussi beaucoup, ce qui lui vaut des nuits compliquées, mais sa résistance et sa capacité à rester dangereux jusqu’au bout font de lui un adversaire épuisant à gérer sur trois rounds.
Toujours actif à 39 ans, Elliott s’entraîne au Next Generation Gym. En août 2025, il soumet Kai Asakura à la guillotine montée au round 2. Le 2 mai 2026, il bat Steve Erceg par décision unanime et pointe au classement UFC flyweight à la 12e place. À un âge où beaucoup raccrocheraient, il continue d’accumuler les bonus Fight of the Night (3 au total) et Performance of the Night (3 au total) — preuve que ses combats, qu’il gagne ou perde, ne s’oublient pas facilement.