Avant que le MMA soit légal en France, Zarah Fairn dos Santos faisait ses valises et allait chercher ses combats là où ils étaient : en Asie, en Russie, aux États-Unis. Fille d’un père marocain et d’une mère brésilienne, née à Paris en 1986, elle grandit avec cinq frères tous passés par la boxe anglaise et un père qui lui met les gants dans les mains dès l’enfance. Mike Tyson comme modèle, le ring comme terrain de jeu. La trajectoire était tracée.
Ce qui distingue son parcours, c’est l’obstination tranquille. Policière de formation, titulaire d’un diplôme en sciences politiques et d’un master en droit du sport, elle n’a pas sacrifié ses études pour la cage — elle a fait les deux. Championne de boxe anglaise et française, titrée en boxe compétition MMA (BC MMA), ceinture violette en JJB : quand elle signe à l’UFC en 2019, elle n’est pas une inconnue qui tente sa chance. Elle est la première Française de l’histoire à décrocher un contrat avec l’organisation.
Elle débute en professionnel en 2013 et enchaîne les combats en Europe — W.I.N. Fighting Championships, BAMMA, Cage en Finlande, Ladies Fight Night en Pologne. Elle accumule 6 victoires dont 4 par KO/TKO, son arme de prédilection. Le dernier avant l’UFC tombe le 15 décembre 2017 : Izabela Badurek s’effondre en 1 minute 55 au premier round.
Son baptême dans l’octogone a lieu le 5 octobre 2019 à l’UFC 243, à Melbourne. L’adversaire, c’est Megan Anderson, l’Australienne qui roule sur la division featherweight à ce moment-là. Fairn tient jusqu’à 3 minutes 57 avant de céder sur un triangle choke. Quatre mois plus tard, le 29 février 2020, c’est Felicia Spencer qui l’arrête par TKO au premier round à l’UFC on ESPN+ 27. Deux défaites rapides contre deux des meilleures de la catégorie — puis la pandémie, et trois ans sans combattre dans l’octogone.
Elle revient le 21 janvier 2023 à l’UFC 283 à Rio de Janeiro, face à la Brésilienne Josiane Nunes. C’est serré, c’est dur, les juges tranchent pour Nunes aux points après trois rounds. En septembre 2023, à l’UFC Fight Night Paris — à domicile — elle affronte Jacqueline Cavalcanti. L’Américaine, débutante à l’UFC ce soir-là, l’emporte aux points malgré un eye poke controversé qui perturbe le combat. L’UFC coupe Fairn de son roster dans la foulée.
Fairn est avant tout une frappante. Ses 4 KO/TKO sur 6 victoires totales le montrent clairement : elle cherche le finish, elle vient pour blesser. Sa boîte à outils reste celle d’une boxeuse de formation — main haute, pression, travail à mi-distance. La ceinture violette en JJB chez Team Figueiredo lui donne un sol correct, même si ses défaites à l’UFC sont venues d’adversaires nettement plus sophistiquées sur le plan technique. Sa morphologie (environ 1,78 m pour le featherweight) lui donne un avantage de reach qu’elle exploite bien en boxe.
Après son départ de l’UFC, elle n’a pas raccroché. En juin 2024, elle retrouve la cage à l’Ares FC 22 face à la Brésilienne Gisele Moreira — défaite par soumission au premier round. Record professionnel actuel : 6 victoires, 7 défaites. À 39 ans, « Infinite » continue d’avancer. Le surnom, visiblement, elle y croit.