Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Melquizael Costa da Conceição naît le 14 septembre 1996 à Porto de Moz, une petite ville du Pará, dans l’Amazonie brésilienne. À quatre ans, le vitiligo s’installe — cette maladie qui dépigmente la peau par plaques. Dans sa ville, des gens confondent ça avec la lèpre. L’enfant grandit isolé, ses parents le tiennent à l’écart des autres. Il se couvre, il évite. Ce n’est que bien plus tard qu’il va retourner cette cicatrice en force : son surnom, « The Dalmatian », c’est lui qui l’a choisi. Il customise ses looks avant chaque combat — colorations, peintures — pour que son identité soit la première chose que l’adversaire voit.
À 13 ans, pour apprendre à se défendre, il pousse la porte d’une salle. D’abord la boxe, puis le jiu-jitsu. L’entraînement devient son seul territoire sûr. Pour le financer, il vend des popsicles dans les rues. En 2013, son frère aîné Natanael meurt dans un accident de chantier. Costa a 17 ans. Il décide que maintenant, il combat pour de bon — pro depuis 2014.
Costa est un produit pur de Chute Boxe, l’académie qui a formé des générations de Brésiliens capables de faire du mal partout. Sous la direction de João Emilio, il cumule une ceinture noire en JJB et une ceinture noire en Muay Thai — deux disciplines à l’opposé du spectre, ce qui en fait un adversaire difficile à cibler tactiquement. Il combat en southpaw, mesure 178 cm avec 71 pouces (180 cm) d’envergure, et sa frappe de contre est régulièrement récompensée par des finitions au premier round : 11 sur l’ensemble de sa carrière pro.
Avant l’UFC, il construit un record solide dans les circuits régionaux brésiliens (poids léger, plume, coq) et décroche le titre des poids plumes de Predator FC au Mexique. Il passe ensuite par la Legacy Fighting Alliance avant que l’Octogone ne frappe à sa porte.
Son arrivée à l’UFC le 21 janvier 2023 (UFC 283, à Rio de Janeiro) se passe mal : appelé en remplacement au pied levé contre Thiago Moisés en poids léger, il s’incline par soumission au deuxième round. Il rebondit dès juillet 2023 avec une victoire en décision contre Austin Lingo, puis subit un TKO face à Steve Garcia en décembre 2023 — une correction qui l’oblige à se remettre en question.
La vraie montée commence en 2024-2025. Victoire par soumission contre Shayilan Nuerdanbieke en juin 2024, puis une guillotine au premier round sur André Fili en février 2025 — un combat qu’il avait failli ne jamais accepter : quelques semaines plus tôt, en crise d’anxiété face à des difficultés financières et un contrat UFC suspendu, il avait sérieusement envisagé de bosser pour Uber. Il signe finalement, et Fili regrette. En mai 2025, sa victoire en décision contre Julian Erosa lui vaut un bonus Fight of the Night.
Le pic de la séquence arrive le 13 décembre 2025 : KO au premier round contre le Français Morgan Charrière (UFC on ESPN 73). Deux mois plus tard, le 21 février 2026, TKO contre Dan Ige — Performance of the Night bonus. Son record UFC grimpe à 7-2 pour son entrée dans le top 15.
Le 16 mai 2026, pour son premier combat en tête d’affiche, il affronte Arnold Allen. Défaite en décision unanime. Costa repart avec une leçon et un classement #13 des poids plumes UFC — loin d’être fini dans cette division.
Marié à Cintia Larissa, père de deux enfants, Costa utilise sa visibilité UFC pour parler du vitiligo et de la discrimination que subissent les enfants porteurs de la maladie. Son histoire n’est pas un argument marketing : c’est ce qui l’a construit.