À neuf ans, Toshiomi Kazama a négocié avec ses parents : moins de devoirs contre des cours de judo. Ce deal d’enfant est le point de départ d’un grappleur d’élite qui s’est construit patiemment dans les salles japonaises, de Pancrase aux octogones UFC, avant d’atterrir dans la catégorie bantamweight du plus grand show du monde.
Né le 15 mai 1997 à Ibaraki, Kazama enchaîne le judo enfant, puis le jiu-jitsu brésilien jusqu’à la ceinture marron. Pour payer les factures, il devient instructeur BJJ et agent de sécurité — deux vies en parallèle qui lui forgent un mental particulier. Il intègre le Wajutsu Keishukai Hearts et passe pro en juillet 2020, avec une défaite aux points contre Hiroyasu Sakurai à Pancrase 316. Rien de honteux pour un début, et surtout, le début d’une serie de finishes impressionnantes.
En 2021 et début 2022, il empile les victoires sur la scène régionale japonaise — armbar, TKO, heel hook — avec un taux de finishes qui lui vaut son surnom de « Silent Finisher ». Il remporte le 27e Pancrase Neo Blood Tournament bantamweight avant de poser sa candidature pour la Road to UFC en 2022.
Le 9 juin 2022, à Singapour, Kazama passe le premier tour du tournoi Road to UFC en battant Keremuaili Maimaitituoheti aux points sur trois rounds. La finale, en revanche, tourne court : le 4 février 2023, Rinya Nakamura l’expédie au tapis en 33 secondes au premier round, un KO qui signe son entrée directe à l’UFC sous les pires auspices.
Le retour sur les grands événements ne sourit pas davantage dans un premier temps. À l’UFC Fight Night 225 de Singapour, le 26 août 2023, Garrett Armfield le stoppe par TKO à 4:16 du premier round. Deux KO consécutifs, la pression est réelle.
Le 10 août 2024, à l’UFC on ESPN 61, Kazama retrouve ce qu’il sait faire mieux que quiconque. Face au Grec Charalampos Grigoriou, il patiente, contrôle, et étouffe son adversaire avec un triangle choke au deuxième round à 1:55. Le finish parfait, celui qui rappelle pourquoi il s’appelle « Silent Finisher » : pas de grand discours, juste le bras de l’arbitre qui s’abaisse.
Son bilan général parle clairement : 11 victoires dont 9 par finish (3 KO/TKO, 6 soumissions), un taux de finishs supérieur à 80%.
Le 9 août 2025, à l’UFC Vegas 109, Kazama cherche une soumission depuis le dos contre l’Américain Elijah Smith — un chasseur de triangle là où d’autres capitulent. Sauf que Smith répond à l’ancienne : il le soulève du sol et le projette au canvas à la manière de Quinton « Rampage » Jackson. L’impact est violent, les frappes de suivi concluent l’affaire en 4:10 du premier round. Kazama repart à l’hôpital pour un bilan, mais reprend conscience dans la cage.
Avec un bilan UFC à 2-3 et un record général de 11-5, le Japonais reste un finisseur dangereux dont les fins de combat — dans un sens comme dans l’autre — ne ressemblent jamais à des soirées banales.