Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Adam Michael Fugitt est né le 6 janvier 1989 à Eugene, Oregon. Gamin hyperactif dans une famille ouvrière — son père Nathan gérait un entrepôt, sa mère Melissa travaillait dans une banque locale — il grandit à regarder l’UFC et The Ultimate Fighter à la télé. Pas le profil du phénomène athlétique précoce : il a fallu attendre la fin du collège pour qu’il ose enfin rejoindre un club de lutte, poussé par son meilleur ami lors d’un camp d’été. Ce démarrage tardif n’empêchera pas la suite.
Il lutte au lycée, fait une année à la Southwestern Oregon Community College à Coos Bay, puis une déchirure du ménisque coupe court à sa progression universitaire. C’est là qu’il bascule vers le MMA pour de bon : il commence le jiu-jitsu brésilien à 20 ans, intègre l’Art of War MMA de downtown Eugene sous la houlette du coach Jason Georgianna, et passe trois ans à construire son jeu avant même ses premiers combats amateurs.
Avant de vivre du sport, Fugitt a enchaîné les boulots physiques — plomberie, atelier de camions, puis près d’une décennie chez Rosboro LLC, où il est passé d’opérateur de machine à superviseur. Le genre de parcours qui forge une certaine résilience. Il débute en pro en octobre 2016, enchaîne des victoires dans les circuits du Pacific Northwest (Prime Fighting, CageSport), avant de s’offrir son premier vrai test en LFA : en septembre 2018, il chute par KO face à Kailan Hill, puis encaisse une défaite aux points contre Austin Vanderford en juillet 2017 — un Vanderford qui finira lui aussi à l’UFC.
En avril 2019, il remporte la ceinture X-1 World Welterweight au troisième round par étranglement arrière face à Reno Remigio. La COVID stoppe tout en 2020. Il revient en février 2022 et expédie Solomon Renfro en 43 secondes à la LFA 125. Cinq mois plus tard, le téléphone sonne : le contrat UFC arrive avec neuf jours de préparation.
Son baptême octogone a lieu le 30 juillet 2022 à l’UFC 277 de Dallas, face à Michael Morales. Fugitt tient deux rounds et demi avant de tomber par TKO au troisième round — devant près de 20 000 personnes, dans l’arène qu’il avait imaginée des milliers de fois adolescent. Pas le résultat espéré, mais la réalité d’un rêve.
Il répond en février 2023 à l’UFC Fight Night 218 en stoppant le Japonais Yusaku Kinoshita par TKO sur des coudes au premier round (4:36). La dynamique tourne court en juin 2023 à l’UFC 289, où le Canadien Mike Malott le soumet à la guillotine en deuxième round (1:06). En juin 2024 à l’UFC on ESPN 58, il bat Josh Quinlan par décision partagée dans un combat disputé. Puis les deux dernières sorties tournent mal : KO au premier round face à Islam Dulatov à l’UFC 318 en juillet 2025, puis TKO à nouveau au premier round face à Ty Miller à l’UFC 324 en janvier 2026.
Fugitt est un kickboxeur avec une base de lutte solide et une ceinture marron en BJJ. Sa signature : le coup de pied gauche, qu’il utilise pour rythmer ses échanges debout. Avec un reach de 196 cm pour 77 kg, il dispose de bons outils à distance. Sur 16 combats pro, 5 victoires par KO et 3 par soumission disent quelque chose de sa capacité à conclure — mais sa solidité au menton sous pression reste l’équation non résolue au niveau UFC.
Il résume lui-même sa philosophie d’une phrase nette : « Le moment où tu arrêtes d’apprendre, c’est le moment où tu vas perdre. » Après ses défaites, il a travaillé avec un préparateur mental pour casser ses cycles d’autocritique. Pas un poseur, juste quelqu’un qui prend le métier au sérieux.
Avec un bilan UFC de 2-4, Fugitt est à la croisée des chemins au moment d’écrire ces lignes. Il a quitté Eugene pour s’installer en Arizona afin de progresser dans un environnement de sparring plus compétitif. À 37 ans, la fenêtre se rétrécit — mais le gars n’est pas du genre à rendre les armes sans s’expliquer une dernière fois debout.