Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Klaipeda, Lituanie, 1994. Modestas Bukauskas naît dans une famille où le combat n’est pas un loisir mais une tradition. Son père Gintas, ex-champion no-holds-barred de l’Union soviétique, lui met les gants aux mains à l’âge de cinq ans. Trois ans plus tôt, la famille avait posé ses valises à Londres — Bukauskas grandit donc britannique de culture, lituanien d’âme, et kickboxeur par héritage. À 14 ans, il décroche son premier titre de champion de Grande-Bretagne de kickboxing. Il en enchaînera quatre en junior.
À 12 ans, une parenthèse : il lâche les gants pour le ballon, finit son lycée en Louisiane à jouer au basket. À 18 ans, sans bourse universitaire en vue, son père lui dit clairement de rentrer et de se consacrer aux arts martiaux. Conseil suivi à la lettre.
Il débute en MMA professionnel à 21 ans et compile un bilan de 4-0 avant de traverser l’Atlantique pour s’entraîner à l’académie Jackson-Wink à Albuquerque. Il y partage la cage à l’entraînement avec Jon Jones et Andrei Arlovski — pas le parcours habituel d’un prospect européen. Mais 2016 lui rappelle que rien n’est acquis : en mai, il perd en 18 secondes face à Pavel Doroftei. Deux mois plus tard, il s’incline lors de ses débuts à Cage Warriors contre John Redmond. Blessure au genou, rupture sentimentale, perte des sponsors — il disparaît des cages pendant près de deux ans.
Le retour a lieu en mars 2018. Bukauskas remonte en mi-lourd, enchaîne six victoires consécutives dont la conquête de la ceinture Cage Warriors en dominant Marthin Hamlet par KO au quatrième round (Cage Warriors 106), puis défend son titre à Cage Warriors 111 en éliminant Riccardo Nosiglia à coups de coudes au sol. Double champion. Il signe à l’UFC en janvier 2020.
Le 16 juillet 2020, sur l’île d’Abu Dhabi transformée en Fight Island, Bukauskas fait ses débuts à l’UFC face à Andreas Michailidis. Le Grec ne se relève pas au terme du premier round après une série de coudes percutants — TKO, bonus Performance of the Night, et un fait historique : Bukauskas devient le premier Lituanien à remporter un combat à l’UFC. La suite est moins lisse. Deux défaites et une blessure au genou plus tard, il est coupé de l’organisation en octobre 2021.
Retour à l’UFC en février 2023. Deuxième stint, deuxième vie. Bukauskas construit un bilan de 7-2 sur cette période, dont deux finish qui resteront dans les mémoires. Le 6 septembre 2025 à Paris, il élimine Paul Craig à la sonnerie avec un coude dévastateur à la 4e minute 59 du premier round. Craig enlève ses gants dans la cage, annonce sa retraite sur le champ. Un mois de janvier 2026 plus difficile : Nikita Krylov lui rend la pareille en lui assénant un buzzer-beater à trois secondes de la fin du troisième round à l’UFC 324. En mai 2026, il remporte une décision partagée sur Christian Edwards pour remettre les compteurs à zéro.
Bukauskas frappe fort et frappe vite — 11 de ses 20 victoires professionnelles sont venues par KO. Le kickboxing de haut niveau (quatre titres britanniques jeunes) est sa base, complété d’une ceinture violette en JJB. Son style ne brille pas par la subtilité tactique mais par la capacité à trouver le bon coup au bon moment. Les dernières secondes de round, en particulier, semblent taillées pour lui.