Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
À Winnipeg, au Manitoba, on ne produit pas souvent des champions UFC — Brad Katona, lui, en est devenu deux fois. Né le 19 décembre 1991, ce Canadien de 34 ans s’est construit une trajectoire MMA qui n’appartient qu’à lui : ingénieur en génie mécanique diplômé de l’Université du Manitoba, passé par les Golden Gloves canadiens, ceinture noire de karaté Shotokan à 14 ans et de jiu-jitsu brésilien — le tout en posant ses valises à Dublin pour s’entraîner sous John Kavanagh à la Straight Blast Gym Ireland, le gym qui a vu éclore Conor McGregor.
En 2018, Katona débarque sur The Ultimate Fighter 27 dans la catégorie poids plume avec un bilan parfait de 6-0. Il remporte le tournoi en finale le 6 juillet 2018 par décision face à Jay Cucciniello — adversaire alors invaincu en huit combats. Son premier passage à l’UFC tourne court : deux défaites consécutives en 2019, dont une face à Merab Dvalishvili (aujourd’hui champion intérimaire) et une autre contre Hunter Azure, le poussent vers la sortie.
Là où d’autres auraient marqué une pause, Katona repart bâtir. Il rejoint le BRAVE CF, promotion bahreïnie en pleine expansion, et y enchaîne les victoires pour décrocher la ceinture poids coq. Invaincu en quatre combats dans l’organisation, il revient sur le radar UFC avec un argument simple : le record et le titre.
En 2023, il intègre The Ultimate Fighter 31 dans la division poids coq — une catégorie en dessous de son premier titre. Le 19 août 2023, à l’UFC 292, il bat Cody Gibson par décision unanime en finale et entre dans les livres d’histoire comme le seul combattant à avoir remporté The Ultimate Fighter deux fois. Conor McGregor himself, Belal Muhammad et d’autres pointures de l’UFC saluent la performance sur les réseaux.
Katona est avant tout un combattant de décision — 71 % de ses victoires passent par les juges. Sa précision de frappe (52 % selon les stats UFC) et son taux de takedown (34 %) en font un athlète complet, sans coup de théâtre spectaculaire, mais difficile à finir et à décrypter. Le karaté de base se lit dans le placement au pied, le JJB dans la gestion au sol. Pas un finisseur de masse — un technicien qui épuise.
Son deuxième passage à l’UFC produit un bilan en demi-teinte. Une défaite contre Garrett Armfield début 2024 à Toronto, puis une victoire nette face à Jesse Butler en juin 2024 (30-26, 30-27, 30-27), avant une nouvelle défaite en décision contre Jean Matsumoto en octobre 2024. Le 10 mai 2025, à l’UFC 315 de Montréal, Bekzat Almakhan le stoppe par KO à 1:04 du premier round. Deux semaines plus tard, le 17 juin 2025, l’UFC confirme que Katona n’est plus sur le roster.
À 34 ans, avec un bilan de 14-5 et une double distinction TUF que personne d’autre ne partage, Brad « Superman » Katona reste l’une des histoires les plus singulières de la compétition télévisée — ingénieur converti en champion, deux fois plutôt qu’une.