Le « Kakamora », dans la mythologie des Îles Salomon, c’est une créature petite, poilue, forte et mauvaise — un fauteur de troubles que l’on sous-estime toujours une fois de trop. Stewart Nicoll a grandi à Redcliffe, Queensland, Australie, mais avec des racines familiales aux Îles Salomon, et le surnom lui colle à la peau comme une RNC au finish. À 5’5″ et 57 kg, il compète en mouche à l’UFC, et sur un tapis, il sait exactement comment faire mal.
Nicoll commence sa carrière pro en juin 2018 à Brisbane, lors de l’ACB 88, avec une soumission via rear naked choke dès le premier round contre Darren Habben. La suite est dans la même veine : il enchaîne les finishes, principalement au sol, avec un catalogue de soumissions exotiques (triangle inversé, triangle en reverse, guillotine) qui révèle un jeu de jiu-jitsu au-dessus de la moyenne régionale. En novembre 2019 à l’XFC 43, il s’empare du titre des mouches en 1 round et 1’18 » contre Mitchell Birkett via inverted triangle choke. Il défend cette ceinture en mars 2021 face à Jamie Renouf, aux points, avant de quitter la scène australienne pour viser plus haut.
Entre 2022 et mars 2024, Nicoll tourne sur la promotion Beatdown, signant quatre victoires supplémentaires dont trois avant la limite — la dernière, un KO au premier round contre le Japonais Issei Kitano en mars 2024, lui sert de ticket pour l’UFC. Au total, 7 victoires sans la moindre défaite avant de signer à Las Vegas.
L’UFC 305, le 17 août 2024 à Perth : Stewart Nicoll fait ses débuts sous la plus grande bannière au monde dans un contexte de gala (Du Plessis vs Adesanya en main event). Il amène Jésus Aguilar au sol, cherche le dos — et Aguilar se retourne, verrouille une guillotine et le rendort en 2’39 ». Les yeux qui se révulsent, l’arbitre qui intervient : un début de carrière UFC qu’on aurait préféré différent, mais le genre de scène qui fait comprendre que la marche était haute.
Le 11 octobre 2025, il revient à l’UFC Fight Night (Oliveira vs Gamrot) face au Brésilien Lucas Rocha. Trois rounds serrés, mais la décision unanime lui échappe. Puis le 4 avril 2026, toujours en Fight Night, il tombe face à Alessandro Costa sur un crochet gauche au foie à 4’56 » du deuxième round — une défaite qui porte le bilan UFC à 0-3.
Nicoll est catalogué grappler par l’UFC, et ses stats de soumission pré-UFC l’illustrent : rear naked choke, triangle inversé, triangle en reverse, guillotine — autant de finishes construits au fil de ses années à la tête de Broz Martial Arts à Brisbane, club qu’il co-anime avec sa femme. Ses statistiques UFC pointent une précision de 39 % aux frappes et une défense aux takedowns à 29 %, ce qui explique en partie ses difficultés au plus haut niveau. La base grappling est réelle ; l’adaptation à la vitesse et à la puissance UFC reste le chantier.
Le 18 juillet 2026, Stewart Nicoll retrouve l’Octogone face à Alden Coria lors d’un UFC Fight Night. Avec un bilan overall de 8-3 (7-0 avant l’UFC), l’Australien des Îles Salomon n’a pas dit son dernier mot — et les grappleurs patients finissent souvent par trouver leur rythme dans la cage.