Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Six pieds six pouces, 120 kilos, allonge de 206 centimètres — et une trajectoire qui commence non pas dans une salle de boxe, mais sur un tatami. Don’Tale O’Neil Mayes, né le 16 janvier 1992 à Louisville dans le Kentucky, a saisi le judo comme exutoire à une agressivité qu’il ne savait pas où mettre. Il a fini champion d’État au Kansas et en Indiana dans la discipline avant de bifurquer vers le MMA. Ce n’est pas anodin : ça explique une grande partie de son jeu.
Amateur invaincu en huit combats entre 2014 et 2015, Mayes passe pro en 2016 et décroche le titre des lourds de la Hoosier FC dès son deuxième combat. Il passe ensuite par les circuits régionaux américains (RFA, LFA, VFC) avant de tenter sa chance à la Contender Series de Dana White. Trois tentatives au total — une première défaite face à Allen Crowder en 2017, puis deux victoires consécutives qui lui ouvrent enfin les portes de l’UFC. Il s’installe à Albuquerque, New Mexico, et intègre le Jackson-Wink MMA Academy, l’une des usines à champions les plus réputées du pays.
Son baptême dans l’Octogone a eu lieu le 26 octobre 2019 à Singapour, contre un certain Ciryl Gane qui n’était pas encore « Bon Gamin » mais déjà dangereux. Mayes tient jusqu’au troisième round avant de s’incliner sur un heel hook. Le schéma se répète : des éclairs de potentiel, des lacunes à combler. En mai 2020, Rodrigo Nascimento l’étrangle en deux rounds à Jacksonville. Mais « Lord Kong » ne lâche pas — il corrige Martinez en novembre 2020 par décision, puis finit Josh Parisian aux coudes en décembre 2021 (TKO, R3).
Le point d’orgue de son passage à l’UFC reste son TKO du 3 juin 2023 face à Andrei Arlovski, stoppé à 3:17 du deuxième round à coups de poings. Battre un vétéran de 24 ans de carrière n’est certes pas un scalp qui change la donne, mais la puissance affichée ce soir-là rappelle pourquoi le surnom « Lord Kong » colle bien. Il perd ensuite à Nascimento une deuxième fois par décision en novembre 2023 au Brésil, puis s’incline face à Shamil Gaziev en août 2024 à Abu Dhabi. En février 2025, il est soumis par Valter Walker (heel hook, R1, 1:17) avant de perdre par décision face à Thomas Petersen le 3 mai 2025 à Des Moines. Bilan final dans l’Octogone : 4 victoires, 7 défaites, 1 no contest — ce dernier suite au contrôle antidopage positif de son adversaire Hamdy Abdelwahab (UFC 277, juillet 2022).
Mayes est classé « boxeur » sur la fiche UFC, et c’est effectivement là que réside son principal danger : une frappe lourde portée d’une allonge peu commune au niveau des lourds. Sa base judo lui donne une présence physique au corps-à-corps, même si les statistiques UFC (47% de défense aux takedowns, 0 soumission réussie) montrent un grappling en retrait. À 3,22 coups significatifs encaissés par minute pour 3,61 reçus, les échanges avec « Lord Kong » ne sont jamais sans risque pour l’adversaire — mais lui-même prend trop souvent cher en retour.
Le 7 mai 2025, quelques jours après sa défaite face à Petersen, l’UFC met fin à son contrat. Don’Tale Mayes quitte la promotion avec un record pro de 11-9-0 (1 NC). À 33 ans, avec le bagage technique de Jackson-Wink dans les bras, il reste un nom capable de faire du dégât dans les circuits intermédiaires. Qu’il rebondisse ou non, son passage à l’UFC restera marqué par des victoires brutes et des soirées où la puissance brute a montré ses limites face à la précision.