Quand Klaudia Syguła a décroché son contrat UFC à l’automne 2024, elle est devenue seulement la troisième femme polonaise de l’histoire à franchir la porte de l’Octogone, après Joanna Jędrzejczyk et Karolina Kowalkiewicz. Née le 30 décembre 1998 à Poddębice et élevée à Łódź, elle a mis les gants de jiu-jitsu brésilien pour la première fois à 14 ans — et elle ne les a plus lâchés, même le temps de décrocher une licence en économie et d’enchaîner les petits boulots (vendeuse, coach perso, assistante dans un salon de cosmétologie) avant de tout miser sur le MMA.
Cinq ans en amateur (5-4) pour roder les mécaniques, puis un premier pas chez les pros en janvier 2021 contre Karolina Sobek — une défaite à l’entrée, le genre de claque qui recadre une ambition plutôt qu’elle ne l’éteint. Syguła a construit sa fiche ensuite avec méthode : six victoires de rang dont des finishes par KO et par soumission (ceinture violette de BJJ oblige), avant de cogner à la porte de la plus grande promotion du monde. À ce moment-là, son dossier professionnel affiche 6-1.
Le 9 novembre 2024, UFC Vegas 100. Syguła accepte d’affronter Melissa Mullins en remplacement d’urgence, après quatorze mois sans combat. Résultat : TKO au deuxième round (1:20), ground and pound. Après le combat, elle publie une vidéo les yeux rouges en s’excusant auprès de ses fans — réaction humaine, pas de la comédie. « My heart hurts » — c’est court, ça dit tout.
Retour avec une vraie préparation à Baku, Azerbaïdjan, le 21 juin 2025. En face : Irina Alekseeva, surnommée « Russian Ronda », donnée favorite à -278. Syguła s’en fiche. Elle sort ses combinaisons dès la première reprise, répond au pressing adverse avec des droites propres, et scelle l’affaire au troisième round en montant en full mount pour finir à la décision unanime (30-27, 30-27, 30-27). Première victoire UFC, en upset.
Le 7 février 2026 à UFC Vegas 113, c’est Priscila Cachoeira — une vétérane brésilienne à son 13e passage à l’UFC — qui se retrouve dans le viseur. Syguła s’impose aux points (30-27, 29-28, 29-28) en maintenant un volume de frappes supérieur sur trois rounds et en endommageant visiblement la Brésilienne. Deux victoires de suite. La machine est lancée.
Ceinture violette de BJJ, wrestling de cage efficace (trips, pièges de genoux en clinch) et un volume de frappes inhabituellement élevé pour la division coqs : voilà ce que Syguła amène dans l’Octogone. Elle transite bien entre les positions au sol. En revanche, elle reste droite sur ses appuis et ne déplace pas la tête assez vite — les frappeurs puissants peuvent l’exploiter. Elle progresse sur ce point à l’American Top Team de Coconut Creek, en Floride, aux côtés de Kowalkiewicz et Mateusz Gamrot. « Je sens que chaque mois en Floride fait de moi une meilleure combattante », a-t-elle confié à l’UFC.
Bilan professionnel : 8-2-0, dont 2-1 à l’UFC. À 27 ans, elle est en ascension réelle dans une division coqs féminine très relevée. Elle ne court pas après la confiance — elle la fabrique : « La victoire ne me donne pas confiance. La confiance, elle vient du travail quotidien. » Le message est clair.