Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Avant de fouler le canvas de l’UFC, Djorden Santos fréquentait un autre type d’arène : les tribunes des stades brésiliens, au sein des torcidas organizadas de Belo Horizonte. Il le dit lui-même : « Quand j’ai eu mon premier contact avec les stades et les firms de supporters, je suis tombé amoureux de ça. » Ce n’était pas tant la violence en elle-même qui l’attirait, mais l’adrénaline collective, le sentiment de tribu. Sauf que les guerres entre firms finissent parfois mal, très mal. Voir des gens perdre la vie ou sortir sérieusement abîmés, ça remet les idées en place. Santos a décroché, il avait 13-14 ans, et a canalisé toute cette énergie vers les arts martiaux.
Le chemin n’a pas été tracé d’avance. Avant de combattre professionnellement, il a travaillé comme cuisinier sur un grill, agent de sécurité et livreur. Il a quitté sa ville natale pour s’installer dans un autre État et poursuivre sa carrière, laissant derrière lui femme, famille et repères. En parallèle des cages, il prépare un diplôme d’éducation physique. Le surnom « Shakur », qui signifie « guidé par Dieu » en arabe, dit quelque chose de cette trajectoire.
Santos débute sa carrière professionnelle en 2015, dans les salles brésiliennes. Il passe par Full House, le Constrictor Team et le camp des frères Bonfim avant de s’envoler pour Miami rejoindre l’American Top Team en 2024, où il côtoie notamment Alexandre Pantoja, Dustin Poirier et Renato Moicano. Sa ceinture marron en jiu-jitsu brésilien et un parcours en boxe internationale — il a représenté le Brésil en Europe — lui donnent une base technique réelle sur les deux pieds et au sol.
Il remporte le titre Thunder Fight Championship avant de se pointer au Contender Series de Dana White en septembre 2024. Face à l’Anglais Will Currie, Santos s’impose aux points sur trois rounds, 30-27 sur les trois cartes. Résultat : contrat UFC signé le soir même. À ce moment, son record affiche 9-1.
Le 8 mars 2025, UFC 313 à Las Vegas — Santos ouvre la carte contre Ozzy Diaz dans un combat qui fait parler. Les deux hommes se rentrent dedans pendant quinze minutes, Santos place ses combinaisons debout et distribue du jeu de jambes, mais c’est Diaz qui arrache la décision unanime 29-28 sur les trois cartes. Un baptême rugueux, mais suffisamment prometteur pour que la promotion le remette en selle rapidement.
Le 18 octobre 2025, Santos corrige le tir contre Danny Barlow et s’impose aux points sur décision unanime. Puis vient UFC 328, le 9 mai 2026, et un choc face au Tchétchène Baisangur Susurkaev. Santos tient jusqu’au troisième round avant de céder par soumission (rear-naked choke, 4:12 du round 3). Son bilan UFC s’établit à 1-2 pour l’instant, mais les chiffres masquent un combattant qui ne recule pas et dont les stats défensives — 85 % sur les dégagements de takedown — témoignent d’une vraie solidité.
Santos est un combattant polyvalent qui mise sur la boxe et une défense au sol bien rodée. Il a signé 3 victoires par KO/TKO et 4 par soumission sur l’ensemble de sa carrière (record 11-3), ce qui confirme qu’il peut finir les combats des deux manières. Sa précision en frappes tourne autour de 43 %, et ses temps de combat moyens suggèrent un combattant qui va au bout plutôt qu’un finisseur express — 14 min 48 de durée moyenne par combat.