Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
À 16 ans, après trop de blessures à répétition sur les terrains de football gaélique, Caolan Loughran a raccroché les crampons et posé ses poings dans une salle de MMA. Natif de Tyrone en Irlande du Nord, il avait déjà boxé enfant durant les hivers, quand le foot s’arrêtait. Le MMA, c’était la suite logique — et la décision qui a tout changé.
Loughran a démarré pro en 2017, empilant les victoires et les finishs. Trois titres amateurs au compteur — Clan Wars, Cage Legacy, Almighty Fighting Championship — avant de passer chez les pros avec une agressivité tranquille. Son vrai tournant : rejoindre Team Kaobon Liverpool, la salle de Tom Aspinall et Darren Till, où il s’est installé dix mois entiers sur un lit de camp dans une arrière-salle sans fenêtre, cent cinquante livres sterling en poche. Pas romantique, mais formateur. Il en est sorti avec un toucher de frappe amélioré, une base de lutte solide et un dossier immaculé.
Le 6 mai 2023 à Rome, Cage Warriors 154 : il décroche le titre bantamweight face à Dylan Hazan, expédié en TKO au round 2 (1:44) par une combinaison droite-uppercut gauche. Troisième Irlandais champion Cage Warriors. Son dossier affiche alors 8-0.
Ses débuts à l’UFC, le 2 septembre 2023 à Paris, sentent la poudre avant même le premier coup. Loughran avait déclaré publiquement que le MMA français « était nul » — et le public de l’Accor Arena ne l’a pas oublié. Taylor Lapilus, lui, n’a rien dit. Il l’a juste battu aux points en décision unanime (29-28, 29-28, 29-28), infligeant sa première défaite professionnelle à « The Don ».
Loughran a su rebondir. En mars 2024 à Atlantic City, il corrige Angel Pacheco en décision unanime. Puis vient UFC 304, le 27 juillet 2024 à Manchester : il affronte Jake Hadley, autre ex-champion Cage Warriors, et reperd aux points. Trois juges, trois fois contre lui. Retour à la case départ. En mars 2025, UFC Fight Night London, il boucle son contrat de quatre combats avec une victoire en décision partagée sur Nathan Fletcher — un adversaire qu’il connaît bien (il l’avait perdu en amateur en 2018). L’UFC ne renouvelle pas.
Le style de Loughran, c’est de la boxe anglaise avec du volume : bon footwork, combinaisons rapides, une gauche droite redoutable, et des jambes qui l’emmènent bien au contact. Ses 5 arrêts par KO/TKO en disent long sur la puissance cachée dans un gabarit de 5’6″. Mais il est à l’aise partout — deux victoires par soumission (dont une face crank) montrent qu’il n’est pas qu’un frappeur. Sa défense au sol, initialement son point faible, s’est nettement améliorée depuis ses débuts.
Après la fin de son contrat UFC, Loughran n’a pas attendu. Il rejoint la PFL via Dan Hardy, responsable des opérations Europe, en décrivant la décision comme « évidente ». Son premier combat dans la promotion, le 3 octobre 2025 à Dubaï, tourne mal : il accepte un adversaire de dernière minute, Jack Cartwright (autre ex-Cage Warriors), et s’incline en décision. Mauvais timing, pas une catastrophe.
Le 16 avril 2026, retour à Belfast, son terrain : il soumet Alan Philpott par face crank en 1 minute 11 secondes au premier round. Propre. Un combat contre Julio Arce est prévu pour juillet 2026. À 30 ans, avec un record de 11-3, Loughran n’est pas en train de gérer une fin de carrière — il construit encore.