Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
L’histoire du surnom dit beaucoup sur le personnage : adolescent, Erick Gonzalez travaille dans le restaurant familial mexicain et vegan Habaneros Pepper à Los Angeles, et son oncle le défie d’avaler un ghost pepper cru. Il le fait. Quelques années plus tard, ce gars de Redondo Beach (Californie) construit une carrière MMA à l’image de ce pari : plein de feu, pas toujours prudent, mais jamais fade.
Gonzalez fait ses débuts professionnels en janvier 2015 au BAMMA Badbeat 14, avec un KO en 26 secondes contre Derion Chapman. La couleur est annoncée : 8 de ses 14 victoires passent par KO ou TKO, et son taux de finition s’établit autour de 65%. Il atterrit rapidement chez Combate Americas, la promotion phare du MMA latino en Amérique du Nord, où il enchaîne les victoires au fil des épisodes Combate 6, 8, 12, 20, 36. En avril 2018, il prend sa revanche sur Danny Ramirez (qui l’avait battu aux points en 2017) avec un KO au round 1.
Le sommet de sa période Combate arrive le 20 septembre 2019 : il dispute le titre inaugural des poids légers de la promotion face à Rafa García à Mexicali. Cinq rounds, défaite aux points, mais Gonzalez s’en sort avec la crédibilité d’un challenger solide ayant poussé l’un des meilleurs espoirs légers de la région.
Gonzalez est entraîné au Fight Science MMA à Los Angeles. Son jeu s’articule autour de la pression permanente et d’une puissance de frappe qui dépasse ce que son physique laisse entendre. En position top, ses coudes sont particulièrement dangereux. C’est un finisseur, pas un boxeur technique : il avance, cherche le contact, enchaîne les angles plutôt que de construire des combinaisons propres. Sa défense au sol et la défense aux takedowns sont les points faibles que ses adversaires ont su exploiter.
L’UFC le signe en 2021 avec un bilan de 14-5. Son baptême de l’Octogone le 16 octobre 2021 contre Jim Miller, vétéran de 37 combats UFC, illustre parfaitement le paradoxe Gonzalez : il domine largement le premier round et met Miller en réel danger, puis s’effondre au round 2 en 14 secondes sur un KO. Deux sorties suivront, toutes deux perdantes : soumission par Terrance McKinney en août 2022 (2:17, R1), puis TKO de Trevor Peek en février 2023 (4:59, R1). En juin 2023, l’UFC le libère avant même qu’il dispute le dernier combat prévu à son contrat — une décision qu’il conteste publiquement.
Avec un bilan professionnel de 14-8 au moment de son départ de l’UFC, Erick Gonzalez cherche une nouvelle promotion. Les combattants de sa catégorie — finisseurs athlétiques, spectaculaires mais exposés — ont souvent un second souffle en régional. Il a 31 ans, une puissance de frappe authentique et la rage de celui à qui on a retiré un combat. Le ghost pepper n’a pas dit son dernier mot.