Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
À Příbram, une ville de taille moyenne au sud-ouest de Prague, Lucie Pudilova commence le judo à neuf ans. À seize, elle pousse la porte d’une salle MMA et ne ressort plus. Elle fait ses débuts professionnels le 14 février 2014 et signe dès 2016 son premier titre, le championnat bantamweight de la Gladiator Championship Fighting, en battant Melinda Fábián le 25 mars. La carrière est lancée.
Sa formation est sérieuse : elle s’entraîne avec KBC Příbram-MMA sous la direction de Ladislav Erdélyi, passe un temps au Straight Blast Gym Ireland dans l’équipe de John Kavanagh — la même salle que Conor McGregor — et accroche une ceinture violette de BJJ au passage. Le dossier est complet debout comme au sol.
L’UFC ouvre la porte en mars 2017. Pudilova s’installe en division flyweight/bantamweight, et son style — offensive debout tranchante, résistance mentale en grappling — génère des combats durs à regarder, dans le bon sens. Le 8 septembre 2018 à Dallas, elle affronte Irene Aldana à l’UFC 228. Pendant trois rounds, les deux se rendent des coups à égalité : 105 frappes significatives pour Pudilova, 119 pour Aldana. C’est une défaite aux points en split décision, mais les deux guerrières repartent avec le bonus Fight of the Night.
Un an plus tard, le 3 août 2019 à Newark, c’est Antonina Shevchenko qui est en face. Pudilova entaille la sœur de Valentina au-dessus de l’œil gauche, prend un bar d’Antonina en fin de premier round et survit. Au round deux, Shevchenko lui prend le dos et l’étrangle. La nuit se termine tôt pour la Tchèque, mais encore une fois le Fight of the Night lui revient. Deux soirées perdues, deux bonus encaissés — c’est un bilan qui dit quelque chose sur la façon dont elle se bat.
Elle perd aussi face à Liz Carmouche sur le sol de l’UFC Fight Night Prague en 2019. L’UFC la coupe en février 2020 sur un bilan déficitaire.
Plutôt que de se replier, Pudilova repart sur le circuit européen avec l’Oktagon MMA, la promotion tchèque en plein essor. Elle y compile un record de 5 victoires pour 1 défaite, assez propre pour forcer la main des recruteurs. L’UFC la rappelle. Le 20 août 2022, à l’UFC 278 (Usman vs. Edwards 2), elle règle le cas Yanan Wu par KO/TKO au 2e round. Le retour est réussi.
Pudilova frappe avec les mains, cherche les combinaisons et ne recule pas. Sa précision en cage tourne autour de 38 % sur les frappes significatives — correcte pour une attaquante de ce niveau. Elle défend bien les takedowns (68 %), ce qui lui permet de rester debout et de dicter le rythme. Le BJJ niveau ceinture violette n’est pas que décoratif : contre Shevchenko en 2019, elle a su sortir d’une armbar profonde en fin de round un, ce que peu de combattantes auraient géré.
La deuxième période à l’UFC se termine moins bien. Elle chute face à Ailín Pérez le 18 novembre 2023, puis perd aux points contre Luana Carolina le 20 juillet 2024. L’UFC se sépare d’elle dix jours plus tard. Son record final s’établit à 17 victoires et 11 défaites, avec 3 KO, 2 soumissions et 12 décisions au compteur côté victoires.
Lucie Pudilova aura passé deux tours complets sur le plateau de l’UFC, décroché deux Fight of the Night pour des combats qu’elle a perdus, et représenté la République tchèque avec un style sans compromis. C’est un palmarès honnête pour une combattante qui n’a jamais cherché à faire les choses à moitié.