Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Né le 19 juillet 1982 à Recife, Pernambuco, Raphael Assuncao est le genre de combattant que les casuals oublient — et que les connaisseurs ne peuvent pas. Pendant 19 ans, du Brésil à l’UFC en passant par le WEC, il a construit un bilan de 28 victoires et 10 défaites en coq, avec une signature offensive au sol et une gestion du combat qui lui a valu d’accumuler l’un des records de temps total le plus élevés de l’histoire de la division à l’UFC.
Assuncao commence à se battre professionnellement en 2004, en poids léger. Ceinture noire de JJB, il ajoute rapidement Muay Thai et Karaté Shotokan à sa base. Il intègre le WEC en 2009, où il encaisse deux défaites notables : une soumission de la légende Urijah Faber (WEC 46, 2010) et une décision partagée face à Diego Nunes. La descente en coq changera tout.
Lors de la fusion WEC-UFC, il débarque à l’Octogone en mars 2011 à l’UFC 128 et se fait stoppé par Erik Koch au premier combat — en plumes. Il recalibre, descend définitivement en bantam, et c’est là que sa vraie carrière commence. Il s’installe à Alpharetta, Géorgie, et s’entraîne avec Ascension MMA sous la direction de Manu N’toh.
La série qui fait sa réputation ? Sept combats consécutifs sans défaite entre 2013 et 2016. Dans ce run, il bat T.J. Dillashaw par décision partagée en octobre 2013 à l’UFC Fight Night 29 — un combat sacré « Fight of the Night » que beaucoup de médias donnaient pourtant à Dillashaw. Il écrase Pedro Munhoz à l’UFC 170 en février 2014, puis refait parler de lui en 2017 avec deux victoires marquantes : Aljamain Sterling en janvier (UFC on Fox 23) et Marlon Moraes en juin à l’UFC 212 au Brésil, en décision partagée. Rob Font tombe aussi à l’UFC 226 en juillet 2018.
On ne lui a jamais offert un shot au titre. Le combat contre Renan Barão à l’UFC 173 en mai 2014 était sur la table, mais une blessure aux côtes contractée à l’UFC 170 l’a contraint à décliner. Il n’aura plus jamais l’opportunité aussi proche. C’est l’une des grandes frustrations de sa carrière.
Assuncao ne finit pas souvent, mais il étouffe. En 28 victoires, 14 sont venues par décision — il est même deuxième en nombre de victoires aux points dans toute l’histoire de la division bantam à l’UFC. Il combat en southpaw, avec un JJB de haut niveau qui lui permet de dicter les échanges au sol et de tenir à distance les pugilistes de la division. Son ratio de submission parle aussi : 10 de ses 28 victoires au sol.
Les dernières années ont été plus compliquées. Il encaisse le retour de bâton de Moraes en soumission (UFC Fight Night 144, février 2019), une décision nette face à Cory Sandhagen (UFC 241, août 2019) et un KO de Cody Garbrandt à l’UFC 250 en juin 2020. Il rebondit deux fois en 2021-2022 — un KO sur Ricky Simon, une décision sur Victor Henry — avant son combat d’adieux contre Davey Grant le 11 mars 2023 à Las Vegas. Le Britannique le stoppe par triangle inversé en troisième round. En sortant de l’Octogone, Assuncao lâche : « I think this is my last one. »
Dix-neuf ans de carrière, 38 combats professionnels, cinq parmi les records historiques de la division coq à l’UFC (dont 3 h 44 de temps de combat total). Assuncao était sous-coté. Il l’a toujours été. Maintenant il est à la retraite, et la division est un peu plus fade sans lui.