Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Pendant dix ans, Victor Hugo Silva a travaillé de nuit, de 22h à 5h du matin, six jours sur sept. Le jour, il s’entraînait deux fois. Deux mille kilomètres séparaient ce Brésilien de sa famille. Il n’y avait pas de raccourci : juste un type de Goiânia qui avait décidé, un jour, que l’Octogone serait sa destination.
Né le 22 novembre 1992 dans la capitale du Goiás, Victor Hugo reçoit ses premières leçons de frappe à cinq ans, de la main de son père — kickboxeur professionnel. Il perfectionne ensuite le jiu-jitsu brésilien jusqu’à la ceinture noire, ajoute la lutte, et construit peu à peu ce profil hybride que son surnom — « Striker » — ne résume qu’à moitié : les dix soumissions à son palmarès disent autre chose.
Sa carrière professionnelle démarre en 2011. Il passe l’essentiel de la décennie suivante sur le circuit brésilien et asiatique (Pancrase, Aspera FC), accumulant les victoires, dont 12 dès le premier round. Entre 2015 et 2024, il enchaîne quatorze combats sans défaite. En 2022, la mort de son frère le brise mentalement — il transforme ce deuil en carburant et remporte son combat suivant en 23 secondes.
Le 3 octobre 2023, il se présente au Dana White’s Contender Series (Saison 7, semaine 9) face au Chilien Eduardo Torres « Cyborg ». Au deuxième round, il verrouille un kneebar et force l’abandon à 2:16. Dana White lui signe un contrat sur-le-champ. Hugo dira après le combat que le kneebar est « vraiment ma spécialité » et qu’il avait déjà fini quatre adversaires de cette façon.
Son premier combat sous bannière UFC a lieu le 6 avril 2024, à Las Vegas, dans l’événement UFC Fight Night: Allen vs. Curtis 2. Face au Brésilien Pedro Falcão, il s’impose par décision unanime sur trois rounds — victoire solide, sans spectacle, mais qui confirme sa capacité à tenir la distance au plus haut niveau.
Le 26 octobre 2024, à l’UFC 308 à Abu Dhabi, tout déraille à la pesée : Hugo manque la limite des coqs de 4,7 kg (10,5 lbs), forçant le déplacement du combat en catchweight plume. Il affronte le prospect non battu Farid Basharat, qui encaisse mais tient, contrôle au sol et l’emporte par décision unanime (30-27, 29-28, 29-28). Hugo lui fait peur en troisième round avec un uppercut suivi d’un back kick tournant qui envoie Basharat au tapis, mais la réaction est trop tardive. Après cette défaite, l’UFC ne renouvelle pas son contrat.
Le surnom « Striker » vient de sa propre bouche : « Ma principale qualité, c’est la frappe — et quand je touche quelqu’un, il tombe. » Mais c’est au sol que son arsenal est le plus surprenant. Kneebar, heel hook, arm triangle, rear-naked choke : ses dix soumissions couvrent un catalogue impressionnant pour un frappeur autoproclamé. L’Astra Fight Team, basée à Balneário Camboriú (Santa Catarina), lui a donné le cadre pour affiner cette polyvalence.
Libéré par l’UFC, Victor Hugo continue de tourner à l’international. En mai 2025 au BRAVE CF 94, il s’incline aux points face au Français Damien Lapilus. En octobre 2025 à l’ACA 194, Guram Kutateladze le stoppe au premier round (2:44). Il rebondit en 2026 : victoire par head kick en 11 secondes contre Mitsuhiro Toma (BnD Black Cup, mars), puis soumission par gogoplata face à Adilet Nurmatov en 1:48 (mai 2026). À 33 ans, le Brésilien de Goiânia n’a pas rangé les gants.