Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Quand Andrei Arlovski plante un Achilles lock sur Tim Sylvia à UFC 51, le 5 février 2005, il lui faut 47 secondes pour devenir champion poids lourds de l’UFC. Quarante-sept secondes. Ce soir-là, le Biélorusse de Babrouïsk n’imagine probablement pas qu’il se battra encore plus de vingt ans plus tard, ceinture autour de la taille dans une autre discipline. Sa carrière, c’est ça : une longévité que personne n’a égalée chez les lourds de l’UFC.
Né le 4 février 1979 en RSS de Biélorussie, Arlovski arrive au MMA par le sambo. Inscrit à l’académie de police de Minsk, il s’y forme au combat et décroche le titre mondial junior de sambo en 1999, avec le rang de Maître international de sport. C’est ce socle de lutte russe, greffé à de grosses mains, qui fait sa réputation. Il débute à l’UFC dès le 17 novembre 2000, à une époque où l’organisation cherchait encore son modèle.
Le titre conquis face à Sylvia en 2005 est le sommet de son premier passage. Mais la suite illustre bien le MMA : rien n’est acquis. À UFC 59, le 15 avril 2006, Sylvia reprend la ceinture par TKO au premier round. Le rubber match à UFC 61, le 8 juillet 2006, tourne à la décision unanime sur cinq rounds en faveur de Sylvia. Deux à un pour le « Maine-iac » sur leur trilogie. Arlovski quitte ensuite l’UFC pour quelques années de pérégrinations avant un retour qui deviendra historique.
C’est dans la durée qu’Arlovski écrit sa légende. Avec 42 combats disputés dans l’octogone sur deux passages, il détient le record du plus grand nombre de combats poids lourds de l’histoire de l’UFC, et celui du plus grand nombre de victoires chez les lourds (23). Son dernier combat sous la bannière UFC, c’est UFC 303, le 29 juin 2024 : une défaite par décision partagée face à Martin Buday, après quoi l’organisation et lui se séparent. À 45 ans, beaucoup le voyaient raccrocher.
Sauf qu’il avait prévenu : il en avait fini avec l’UFC, pas avec le combat. Le 7 février 2026, à KnuckleMania 6 à Philadelphie, Arlovski déglingue Ben Rothwell et s’empare du titre poids lourds de la BKFC, le bare-knuckle boxing. À 47 ans, il devient champion du monde dans une seconde discipline. Une carrière qui s’étire sur plus de vingt-cinq ans, d’un titre UFC en 2005 à une ceinture à mains nues en 2026 : c’est ce qui fait d’Andrei Arlovski un cas à part.