Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Né le 9 octobre 1992 à Kamysh-Kutan, dans le district d’Akhvakh au Daghestan, Askar Askarov est arrivé à l’UFC avec un palmarès intact de 11-0 et une particularité que peu de combattants au monde peuvent revendiquer : il est sourd. Pas symboliquement — il ne perçoit qu’environ 20 % des sons que capte une oreille humaine normale. Ça veut dire que les conseils de son coin entre les rounds ? Il ne les entend pas. Il combat en autonomie totale, en lisant la situation avec ses yeux et ses jambes.
Avant de poser les poings en MMA, Askarov a construit une base technique solide en lutte libre et en sambo de combat — deux disciplines où le Daghestan produit depuis des décennies des athlètes d’exception. Il atteint le grade de Maître International des Sports de Russie en lutte libre, et celui de Maître des Sports en Sambo de combat. Son pic paralympique : la médaille d’or aux Jeux Sourds-Olympiques 2017 à Ankara, en catégorie -61 kg lutte libre — suivi d’un bronze aux Championnats du Monde des Sourds 2018.
Il débute en MMA le 7 juillet 2013, en soumetttant Shamil Amirov par rear-naked choke au deuxième round. La dynamique s’installe vite : enchaînement de stoppages, signature dans l’ACB (Absolute Championship Berkut) en 2015, où il remporte le titre poids mouches inaugural et le défend deux fois. Onze victoires plus tard, l’UFC vient frapper à sa porte.
Sa première apparition dans l’Octogone, en août 2019 au UFC Fight Night Rodriguez vs Stephens, contre Brandon Moreno — futur champion du monde poids mouches — se conclut par un match nul aux points en décision partagée. Un résultat qui en dit long sur son niveau d’entrée : personne ne sort indemne face à Moreno, et Askarov arrive en inconnu total.
Ensuite, c’est une série propre. Il bat Tim Elliott aux points à l’UFC 246 en janvier 2020, puis domine Alexandre Pantoja — lui aussi futur champion — par décision unanime en juillet 2021. Deux mois plus tard, en septembre 2021, il règle le cas de Joseph Benavidez, ancien prétendant au titre, même résultat. Il grimpe jusqu’à la deuxième place du classement poids mouches UFC.
En mars 2022 à l’UFC Columbus, Kai Kara-France lui inflige sa première défaite professionnelle, par décision unanime. Un combat serré mais la sentence est claire. Dans la foulée, des problèmes de santé retardent son retour à la compétition, et Askarov demande sa libération à l’UFC — accordée. Son contrat terminé, il choisit de ne pas renouveler.
En janvier 2023, il signe avec l’ACA (Absolute Championship Akhmat), l’organisation de Ramzan Kadyrov en Tchétchénie — une structure qu’il connaît bien, ayant évolué dans son ancienne incarnation (l’ACB) de 2015 à 2018. Le 24 novembre 2023, il renoue avec la victoire en battant Alan Gomes par décision unanime à l’ACA 166 à Saint-Pétersbourg. Record professionnel au moment de cette sortie : 15 victoires, 1 défaite, 1 match nul.