Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Le 9 décembre 2011, à l’UFC 140, Chan Sung Jung met Mark Hominick KO en sept secondes. Pas sept minutes : sept secondes. Le temps d’encaisser un crochet, de répliquer, et de voir l’arbitre sauter sur le combattant canadien. Ce genre de moment résume bien le Sud-Coréen, né le 17 mars 1987 à Pohang : un poids plume qui n’a jamais cherché le combat propre, seulement le combat spectaculaire.
« The Korean Zombie », c’est tout sauf du marketing. Le surnom décrit son style : il avance, encaisse, et revient comme si les coups ne l’atteignaient pas. Cette capacité à marcher dans le feu pour rendre la pareille a fait de lui un combattant culte bien avant ses titres de gloire à l’UFC.
Sa réputation se construit face à Leonard Garcia. Premier round en avril 2010 au WEC 48 : une guerre de trois reprises qu’il perd sur décision partagée, mais qui devient instantanément l’un des combats les plus discutés de l’année. Le rematch a lieu un an plus tard, le 26 mars 2011 à l’UFC Fight Night 24. Cette fois, Jung ne laisse pas la décision aux juges : il finit Garcia au deuxième round par un « twister », une soumission empruntée au catalogue d’Eddie Bravo. C’était la première fois qu’un twister terminait un combat dans l’histoire de l’UFC. Ça l’est toujours.
En mai 2012, à l’UFC on Fuel TV 3, il soumet Dustin Poirier dans un combat élu Combat de l’année par plusieurs médias. La récompense logique tombe l’année suivante : une chance au titre poids plumes face à José Aldo, le patron de la catégorie, le 3 août 2013 à l’UFC 163. Jung tient tête au Brésilien mais s’incline par TKO au quatrième round, gêné par une épaule blessée. Son premier vrai sommet lui échappe.
S’ensuit une longue pause : Jung effectue son service militaire obligatoire entre 2014 et 2016, comme tout citoyen sud-coréen. Il revient au plus haut niveau mais bute sur les meilleurs de sa génération. En octobre 2020, Brian Ortega le domine sur les cinq rounds (50-45 aux trois juges). Puis, le 9 avril 2022 à l’UFC 273, il tente sa deuxième ceinture face à Alexander Volkanovski : marqué et essoufflé après trois reprises, il est stoppé par TKO au début du quatrième round.
Le dernier acte se joue en août 2023, en main event d’un UFC Fight Night, contre Max Holloway. Jung est mis KO au troisième round et raccroche les gants dans la cage, dans la foulée. Son explication tient en une phrase : il ne voulait pas finir classé troisième, quatrième ou cinquième. Tout ou rien, jusqu’au bout.
En Corée du Sud, il reste l’un des plus grands noms du MMA. Ses combats majeurs passaient à la télévision nationale et son nom a porté le sport bien au-delà du cercle des initiés. Bilan final : 17 victoires, 8 défaites, et une poignée de combats qu’on remontre encore pour expliquer ce qu’est le cœur en MMA.