Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Né le 31 juillet 1987 à Kinshasa, Dalcha Lungiambula a chaussé ses premiers zori à l’âge de huit ans, quand son père lui a offert un judogi. Il gagne tellement vite que ses coéquipiers arrêtent de l’appeler par son prénom — c’est « Champion » depuis. Ce surnom ne lâchera plus jamais. Il représente l’équipe nationale de judo de la RDC entre 2007 et 2009, ceinture noire 2e dan au compteur, avant de reconvertir ses projections en KO et de tenter sa chance en MMA.
Avant l’UFC, il n’est pas passé par une promotion régionale anecdotique. Dalcha décroche la ceinture poids mi-lourds de l’Extreme Fighting Championship (EFC) en 2016, la défend deux fois, puis monte à l’EFC Heavyweight pour décrocher un second titre en 2018. Il est élu athlète le plus spectaculaire de l’EFC deux saisons consécutives (2017/2018 et 2018/2019). Ancien technicien en réfrigération de métier, il bifurque définitivement vers le combat professionnel — et ça va payer.
Son entrée dans l’octogone date du 29 juin 2019, à Minneapolis, face à Dequan Townsend lors de l’UFC on ESPN. TKO au 3e round — Dalcha marque immédiatement les esprits. Mais l’UFC en poids moyens, c’est une autre jungle. Dès le combat suivant, le 9 novembre 2019 à Moscou, il tombe sur Magomed Ankalaev — futur challenger au titre light-heavyweight — et se fait sortir par KO au 3e round.
Il retrouve le chemin de la victoire le 20 janvier 2021 à Abu Dhabi contre Markus Perez, une décision convaincante. Mais la suite vire au scénario difficile : défaite aux points contre Marc-André Barriault (septembre 2021), soumission face à Cody Brundage (mars 2022), KO au 2e round contre Punahele Soriano à New York (juillet 2022), puis TKO au 2e round par Edmen Shahbazyan à l’UFC 282 en décembre 2022. Quatre défaites consécutives, et l’UFC met fin à son contrat.
Au final : 11 victoires (dont 5 par KO/TKO, 1 par soumission, 5 aux points) et 6 défaites sur l’ensemble de sa carrière. Il s’entraînait au Sanford MMA en Floride, une des salles les plus sérieuses de la côte est américaine.
Dalcha n’est pas un combattant formaté. Sa base judo lui donne une pesanteur au corps-à-corps que beaucoup de middleweights n’ont pas, et ses cinq victoires par KO/TKO montrent qu’il sait transformer une projection ratée en frappe qui fait des dégâts. Sa portée de 193 cm pour 1,73 m est un avantage structurel qu’il exploite bien en boxe debout — style confirmé par son entraînement à Sanford. Le problème rencontré à l’UFC : face aux meilleurs, il encaisse trop, et la mâchoire finit par payer.
Il reste l’un des rares athlètes issus du circuit africain EFC à avoir réussi à s’installer plusieurs années dans l’octogone. Pour un ex-technicien en froid parti des tatamis de Kinshasa, c’est un parcours qui mérite le respect — même si la fin de contrat UFC laisse un goût amer.