Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Avant de fouler le tapis d’un octogone UFC, Diyar Nurgozhay a travaillé comme mineur, comme chargeur et comme agent de sécurité dans un coin reculé du Kazakhstan. Pas exactement le parcours d’un prospect marketing. Ce background rugueux transparaît dans son style : pas de fioritures, efficacité directe, finishes tôt ou tard. Le gars est champion national de muay thai et champion du monde en pankration — maître de sport de classe internationale. Il a aussi décroché la ceinture GAMMA (championnat du monde amateur MMA) en 2021 avant même d’envisager les grands circuits pro.
C’est sous les couleurs de l’Eagle FC — la promo fondée par Khabib Nurmagomedov — que Nurgozhay s’est vraiment imposé. Le 21 août 2022, il met fin au règne du Russe Konstantin Andreitsev (15-6) et devient le premier champion kazakh des mi-lourds d’Eagle FC, à la Barys Arena de Nur-Sultan, devant son public. À ce moment-là, il est invaincu sur 7 combats, avec 6 finishes au premier round. Son record global flirtait alors avec le 8-0, dont deux tiers de victoires par KO.
En mai 2024, il revient à la compétition pour la première fois depuis son titre en s’imposant à UAE Warriors 50 face à Emiliano Sordi, ex-champion PFL, par arrêt au premier round. Un retour propre qui ouvre la porte à la Contender Series.
Le 1er octobre 2024, lors de l’épisode 8 de la saison 8 de la Dana White’s Contender Series, Nurgozhay devient le premier combattant kazakh à figurer sur cette émission. Il le marque d’un head kick fulgurant suivi d’un ground-and-pound sur Bartosz Szewczyk, arrêté à 3:32 du deuxième round. Dana White signe le contrat dans la foulée.
L’entrée dans la cour des grands ne s’est pas faite sans accrocs. Le 15 mars 2025, à l’UFC Vegas 104, Nurgozhay rate la pesée de 4,5 livres pour son premier combat en octogone face à Brendson Ribeiro — un handicap symbolique qui colore toute la mise en contexte. Au deuxième round, à 1:28, Ribeiro verrouille un kimura et le combat s’arrête. Double peine.
Le 23 août 2025, à l’UFC Shanghai, Uran Satybaldiev le coince encore plus vite : après un droit qui envoie Nurgozhay au sol, le Kirghiz construit une étreinte puis déroule un Ezekiel choke — soumission rare — pour stopper le Kazakh à 2:45 du premier round. À 0-2 à l’UFC, l’avenir semblait fragile.
Le 7 mars 2026 à Las Vegas, dans les prelims d’UFC 326, Nurgozhay prend enfin son premier point dans la promotion. Face à Rafael Tobias, le Kazakh impose son jeu dès le premier round : teeps précis, leg kicks qui coupent les jambes, mains gauches qui font tituber l’adversaire. La décision unanime tombe sans ambiguïté — 30-27, 29-28, 29-28. Premier win UFC, à 28 ans, après deux ans de casse.
Nurgozhay s’entraîne au Tobet Top Team. Sa base muay thai ressort clairement dans son kicking game — teeps, low kicks, coups hauts — et sa faculté à gérer les distances. Sur 13 combats professionnels (record : 11-2-0), 7 de ses victoires sont intervenues au premier round. Les deux défaites UFC lui ont été infligées par soumission, ce qui pointe un grappling défensif à consolider. Marié, père d’une fille, il colle avec cette image de combattant posé mais déterminé qui a mis du temps à trouver ses marques à l’UFC — maintenant qu’il a ouvert son compteur, la suite sera intéressante à surveiller.