Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Tijuana, 2007. Un gamin de 19 ans fait ses débuts pro avec déjà une obsession : ne jamais laisser le juge décider. Gabriel Benítez, surnommé « Moggly » pour ses anciens longs cheveux qui rappelaient le héros du Livre de la Jungle, allait mettre une quinzaine d’années à construire l’une des carrières les plus touffues de sa génération en MMA mexicain.
Né le 15 juin 1988 à Tijuana (Baja California), Benitez commence à se former au MMA à 18 ans et enchaîne les combats sur le circuit régional mexicain — UWC, XFL, LFM — jusqu’à afficher un bilan de 16 victoires pour 4 défaites. C’est suffisant pour intégrer The Ultimate Fighter: Latin America 1 en 2014, sous la direction de Cain Velasquez. Il passe le premier tour en soumettant Diego Rivas par rear-naked choke, avant de trébucher en demi-finale face à Leonardo Morales aux points.
Qu’à cela ne tienne : l’UFC lui ouvre les portes directement. Le 15 novembre 2014, à l’UFC 180 à Mexico City, il fait ses débuts dans la maison mère en étouffant Humberto Brown Morrison à la guillotine au troisième round. La couleur est annoncée.
Ce qui définit Moggly, c’est son obsession du finish. Sur ses 23 victoires professionnelles, seulement 4 sont allées aux juges — le reste, c’est du KO (9) ou de la soumission (10), principalement à la guillotine et aux genoux sautés. Entraîné à l’AKA (American Kickboxing Academy) de San Jose aux côtés d’une flopée de fighters de haut niveau, il développe un style frappeur avec un sens aigu du clinch.
Son meilleur moment en UFC ? Probablement le soir du 19 mai 2018 à Santiago, quand il expédie Humberto Bandenay au tapis en 39 secondes chrono. Une droite, le sol, terminé. Performance of the Night mérité. Il récidive en décembre 2020 face à Justin Jaynes, un TKO au premier round qui lui vaut un deuxième bonus de performance. Entre les deux, une victoire notable aux points contre Jason Knight (décembre 2017), suffisamment surprenante pour figurer au classement UFC des upsets de l’année 2017.
Benitez a aussi connu ses nuits difficiles. Sodiq Yusuff le met KO à l’UFC 241 en août 2019. Billy Quarantillo l’arrête au troisième round en juillet 2021 — mais leur combat leur vaut le bonus Fight of the Night, ce qui dit tout sur l’intensité de l’échange. David Onama lui règle son compte en un round en février 2022. Il rebondit avec un KO sur Charlie Ontiveros (août 2022), puis conclut sa carrière UFC par une défaite face à Jim Miller en janvier 2024, soumis par le vétéran du New Jersey.
Le 13 décembre 2024, l’UFC le retire officiellement de son roster. Au final, 13 combats dans l’octogone avec un bilan de 7 victoires et 6 défaites, et un bilan global de 23 victoires pour 12 défaites en carrière. Pas le plus clinquant des palmarès sur le papier, mais un combattant qui a rarement produit un combat ennuyeux.