Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Avant de poser les pieds dans l’octogone de l’UFC, Gabriel Miranda peignait des murs, dépannait des plomberies et montait la garde à l’entrée de bâtiments. C’est ça, le vrai point de départ de « Fly » — non pas une académie huppée ou un cursus sportif balisé, mais une ville de taille moyenne du Paraná et un tapis de jiu-jitsu qui a tout changé. Né le 25 mars 1990 à Telêmaco Borba, au Brésil, il avait même réussi les concours d’entrée en psychologie et en droit avant de choisir les cages.
Miranda est ceinture noire de jiu-jitsu brésilien et champion de l’État du Paraná en 2007, déjà en avance sur son temps. En 2013, il dispute ses premiers combats MMA pro, rodant sa mécanique dans les petites promotions brésiliennes — Face the Danger, Countdown Cup, Adventure Fighters Tournament. Son jeu est limpide dès le départ : amener l’adversaire au sol, trouver l’angle, soumettre. Rapidement. Sur ses 17 victoires en carrière, 16 sont des soumissions, dont 15 dès le premier round. Triangle, étranglement arrière, guillotine, armbar, heel hook — il possède tout l’arsenal.
En 2018 et 2019, il passe un cap en signant avec Brave CF, la promotion internationale basée au Bahreïn. Il y enchaîne une victoire par soumission contre Fernando Noriega en septembre 2018, puis bat Jhon Zarate en septembre 2019. Une défaite aux points contre Akhmed Magomedov en décembre 2018 vient rappeler que le grappling seul ne suffit pas toujours sur le plan international.
Le 3 septembre 2022, Miranda fait ses débuts à l’UFC Paris, face à Benoît Saint-Denis. Le match-up est brutal : Saint-Denis, portée par un public parisien en délire, stoppe Miranda à 0:16 du deuxième round. Un premier contact avec la grande scène qui fait mal.
La réponse arrive un an plus tard, à Sydney. Le 9 septembre 2023, à l’UFC 293 en co-main event de Adesanya vs Strickland, Miranda affronte le Néo-Zélandais Shane Young — qui avait raté la limite de poids de 3,8 livres. Cinquante-neuf secondes. Miranda attrape un coup de pied, met Young au sol, monte dans le dos et endort l’adversaire avec un étranglement arrière. Seize soumissions en carrière. Au micro, il lâche : « The featherweight division has a big problem because I’m here right now. »
Depuis, Miranda a encaissé deux défaites sévères : Morgan Charrière l’a stoppé à 0:27 du deuxième round le 28 septembre 2024 ; puis Jamall Emmers l’a arrêté par TKO à 4:06 du premier round le 29 mars 2025. Bilan UFC : 1-3. Son record global est de 17-8-0. Entraîné au CM System de Curitiba, Miranda reste un finisseur redoutable dès que le combat touche le sol — mais l’UFC teste chaque lacune debout. À 35 ans, son avenir dans la promotion dépend de sa capacité à protéger mieux sa tête dans les échanges.