Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Jaqueline de Moraes Amorim a grandi à Manaus, en plein cœur de l’Amazonie brésilienne, dans une famille où le jiu-jitsu s’est vite imposé comme une évidence. Son père, fasciné par les premières éditions de l’UFC et par Royce Gracie, l’emmène dès ses 6 ans à l’académie A.S.L.E. — la même qui a formé Ronaldo « Jacaré » Souza. Ce que personne n’imaginait alors, c’est que la petite Jaqueline allait passer les deux décennies suivantes à ramasser des médailles aux quatre coins du monde.
Sous la direction de Mestre Faustino Neto, Amorim bâtit un palmarès en compétition de grappling qui fait peur. Elle devient championne du monde IBJJF en ceinture violette dès 2013, remporte l’Abu Dhabi World Pro en 2014, et enchaîne les titres jusqu’à sa ceinture noire, obtenue le 13 juillet 2015 à tout juste 20 ans. Elle représente ensuite le team Checkmat sur le circuit international. La ceinture noire second degré qu’elle porte aujourd’hui est le résultat de presque vingt ans de tatami quotidien.
En 2020, la pandémie stoppe net les tournois BJJ. Amorim, privée de compétition, rejoint l’American Top Team à Coconut Creek, en Floride, pour franchir le cap du MMA. La transition est logique : quelqu’un qui peut vous soumettre dans les sept secondes n’a pas besoin de s’invent une nouvelle identité de combattante.
Elle débute en MMA professionnel en 2020 et ne tarde pas à marquer les esprits : quatre premières victoires, toutes par soumission au premier round. En août 2022, elle décroche le titre poids paille de la LFA lors de LFA 142 — première Brésilienne à conquérir cette ceinture dans la division. L’UFC ne tarde pas à sonner.
Son entrée à l’UFC le 8 avril 2023 (UFC 287) est compliquée : défaite aux points face à Sam Hughes, sur décision unanime, à l’issue d’un combat de trois rounds qui est aussi le premier de sa carrière à dépasser le premier acte. « Ça m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses à améliorer », dira-t-elle. Ce revers ne dure pas longtemps dans la mémoire collective.
Ce qui suit ressemble à une démonstration méthodique. En août 2023, TKO au troisième round face à Montserrat Ruiz. Le 16 mars 2024, armbar au premier round sur Cory McKenna en 1:38. Le 7 septembre 2024, nouveau armbar, cette fois sur Vanessa Demopoulos en 3:28. Le 27 avril 2025, rear-naked choke sur Polyana Viana au deuxième round. Et le 30 mai 2026, encore un armbar au premier round contre Loma Lookboonmee en 4:04. Au total, 9 de ses 11 victoires pro sont des soumissions — un ratio de 82 % qui en dit long sur l’écart technique qu’elle impose au sol. Son record se résume à 11 victoires pour 2 défaites, avec la seule autre défaite arrivée sur décision unanime face à Mizuki Inoue à l’UFC 321 en octobre 2025.
Amorim pratique le jiu-jitsu depuis plus de vingt ans. Sur le tatami MMA, ça se voit immédiatement : elle cherche le clinch, le takedown, et dès qu’elle est au sol, la finalisation arrive vite. Très vite. Six de ses victoires professionnelles ont été bouclées en moins de deux minutes. Armbar et rear-naked choke sont ses finitions de prédilection, mais c’est surtout la précision de ses transitions qui distingue son grappling — pas de force brute, mais un enchaînement de positions qui ne laisse aucune sortie à l’adversaire.
À 30 ans, Jaqueline Amorim s’impose comme l’une des soumissionneuses les plus dangereuses de la division poids paille à l’UFC. Après sa victoire sur Lookboonmee fin mai 2026, son record UFC s’établit à 5-2 et son nom commence sérieusement à circuler du côté du Top 15. Manaus a produit beaucoup de champions de jiu-jitsu. L’Amazonie attend maintenant de voir si l’un d’eux peut aller chercher une ceinture UFC.