Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Pendant deux ans et demi, le poids pailles UFC, c’était elle. Joanna Jędrzejczyk a régné sur la catégorie avec un striking de Muay Thai qui transformait chaque combat en cours magistral : volume, précision, jambes qui mitraillent, et un cardio à faire craquer n’importe quelle adversaire au troisième round. Cinq défenses de titre, un record qui tient encore aujourd’hui. La Polonaise n’a pas seulement gagné : elle a dicté le rythme de toute une division.
Avant les gants de MMA, il y a eu le ring thaï. Née à Olsztyn, Jędrzejczyk s’est forgée dans le Muay Thai amateur avec un palmarès qui parle de lui-même : cinq fois championne du monde IFMA (or de 2009 à 2013). Une base de frappeuse pure, importée telle quelle dans le MMA. Elle fait ses débuts à l’UFC le 26 juillet 2014 et il ne lui faut que quelques mois pour décrocher la ceinture.
Le 14 mars 2015, à l’UFC 185, elle démonte Carla Esparza par TKO au deuxième round et devient la première championne UFC née en Pologne. Ensuite, la machine s’emballe : Jessica Penne, Valérie Létourneau, Cláudia Gadelha, Karolina Kowalkiewicz et Jéssica Andrade (UFC 211, mai 2017) y passent toutes. Cinq défenses victorieuses, toujours le record de la catégorie. À ce moment-là, on cherchait surtout qui pourrait bien lui prendre un round.
La chute arrive d’un coup. À l’UFC 217, le 4 novembre 2017, Rose Namajunas la met KO dès le premier round. Brutal, net, inattendu. Le règne s’arrête là, mais Joanna ne range pas les gants : elle enchaînera neuf combats de championnat au total dans sa carrière, un autre record de la division.
C’est probablement pour ces combats qu’on se souviendra le plus d’elle. À l’UFC 248, le 7 mars 2020, Jędrzejczyk et Zhang Weili se livrent cinq rounds d’une intensité rare, souvent cités parmi les plus grands combats féminins de l’histoire du MMA. La Polonaise s’incline sur décision partagée, le visage marqué par un hématome devenu légendaire, mais sort grandie de l’échange. Le rematch, à l’UFC 275 le 11 juin 2022, tourne court : Zhang la stoppe par spinning backfist au deuxième round.
Frappeuse d’élite, point. Jędrzejczyk n’a jamais eu besoin d’aller au sol pour gagner : son arme, c’est le pied-poing, le volume de coups, la gestion de la distance héritée du Muay Thai. Elle usait ses adversaires debout, round après round, avec une pression constante. Sur 16 victoires, quatre par KO et une par étranglement arrière, mais l’essentiel s’est joué sur les cartes des juges, à force de dominer l’échange.
Après la défaite de l’UFC 275, à 34 ans, elle annonce sa retraite : 16 victoires, 5 défaites, vingt ans de sports de combat derrière elle. En 2024, l’UFC l’intronise au Hall of Fame. Ses cinq défenses de titre et ses neuf combats de championnat restent des sommets de la catégorie pailles. Une frappeuse qui a marqué sa division non par un coup, mais par une domination longue durée.