Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Né le 6 janvier 1990 à Saint-Thomas (Îles Vierges américaines), Karl Williams n’a pas grandi dans une salle de MMA. Sur la piste d’athlétisme, il était champion d’État du 100 mètres. En salle de sport, il se hissait 4e au classement d’État en lutte lycéenne. Deux sports qui n’ont en commun que l’explosivité et la rigueur — deux qualités que Williams a ensuite transportées dans la cage, quand il a découvert le MMA en 2018 après avoir envisagé sérieusement une carrière olympique en lutte.
Sa transition vers le combat professionnel est rapide : un bilan amateur de 5-1, des débuts pro en 2021, et dès septembre 2022 la grande scène — le Dana White’s Contender Series. Ce soir-là, il domine Jimmy Lawson aux points et repart avec un contrat UFC en poche. À 32 ans, pas la trajectoire classique d’un prospect, mais celle d’un homme qui a mis le temps qu’il fallait pour être prêt.
Le 11 mars 2023, Karl Williams fait son entrée dans l’octogone officiel face au Polonais Lukasz Brzeski à l’UFC Fight Night 221, à Las Vegas. Trois rounds de wrestling implacable : takedowns répétés, contrôle au sol, clinch contre la cage. Les juges sont unanimes — 30-26, 30-26, 30-27. Pas spectaculaire, mais limpide.
Deux mois plus tard, le 13 mai 2023 à Charlotte (UFC on ABC 4), il récidive contre Chase Sherman, dit « The Vanilla Gorilla », à nouveau par décision unanime (30-27, 30-27, 29-28). Williams impose le même schéma : son jeu de lutte est sa loi, et les lourds qui ne savent pas défendre le takedown en font les frais.
En mars 2024, troisième victoire d’affilée à l’UFC Vegas 89 contre l’Australien Justin Tafa — sept takedowns connectés, décision unanime 30-27, 29-28, 29-28. À ce stade, Williams est à 3-0 à l’UFC, et son nom commence à circuler comme celui d’un candidat solide dans une division heavyweight toujours en mouvement.
Williams est un lutteur pur. Sa base athlétique — explosivité de sprinter, tenacité de champion de lutte — se retrouve dans chaque performance : il entre dans la cage pour emmener l’adversaire au sol, maintenir la pression et gagner aux points. Sa frappe existe, mais elle est là pour servir le grappling, pas l’inverse. Les analystes notent régulièrement qu’il manque de puissance de frappe pour un gabarit de 6’3″ pesant plus de 110 kg.
Le 10 août 2024, à l’UFC Vegas 95, cette limite est sévèrement exposée. Face au Brésilien invaincu Jhonata Diniz (alors 7-0), Williams reste trop longtemps passif debout, laisse défiler dix premières minutes sans engager son jeu de lutte. Sa remontée au troisième round est réelle mais trop tardive : défaite aux points (27-30, 28-29, 28-29). Sa fiche UFC tombe à 3-1.
Libéré par l’UFC en octobre 2024, Williams signe avec la PFL, où il évolue désormais en light heavyweight (93 kg), une division légèrement en dessous de son poids naturel. Son bilan en PFL est difficile : défaite aux points contre Oleg Popov le 1er mai 2025, puis deux nouvelles défaites en 2025-2026 face à Bilostenniy (TKO R2, août 2025) et Rahmani (soumission R2, février 2026), et encore une défaite aux points contre Djantou Nana en mai 2026. Son record global s’établit à 10-6.
À 36 ans, la trajectoire est compliquée depuis son pic UFC. Mais un lutteur formé à l’école de l’athlétisme, capable d’enchainer trois victoires consécutives dans l’octogone le plus exposé du monde, ça ne s’efface pas d’un bilan en cours de reconstruction.