Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Kiefer Crosbie est né le 5 avril 1990 dans le North Inner City de Dublin, un quartier que lui-même décrit comme rough mais peuplé de gens bien. Son prénom ? Sa mère regardait Young Guns la veille de son accouchement et a flashé sur Kiefer Sutherland. Ce genre de détail dit quelque chose sur l’homme : un Dublinois ancré dans son quartier, pas du tout sorti d’une académie dorée, qui a construit sa carrière brique par brique en encaissant les coups durs bien avant de mettre les pieds dans l’Octogone de l’UFC.
Quand Crosbie tourne pro en avril 2016 à Battle Zone FC, il est encore loin du conte de fées. Pendant ses années de circuit régional, il touche 144 euros par semaine du welfare irlandais pour nourrir sa famille tout en s’entraînant à plein temps à SBG Ireland — le gym de John Kavanagh, celui-là même qui a produit Conor McGregor. Quatre finishes en finition dans ses quatre premiers combats, un passage en BAMMA de 2016 à 2018, puis un contrat Bellator signé par nécessité financière autant que par ambition sportive : « Ma famille passe avant tout », dira-t-il plus tard.
En Bellator, il engrange cinq sorties entre décembre 2018 et juillet 2021, avec notamment une victoire par décision sur Orlando D’Ambrosio à Bellator 211 (décembre 2018) et une autre sur Hugo Pereira à Bellator 227 (septembre 2019). Il y goûte aussi à l’amertume d’une fin de combat par genou illégal reçu de Mike Jackson à Bellator 224 en juillet 2019. Son bilan Bellator se clôt à 3-3 après une défaite par étranglement bras-tête face à Georgi Karakhanyan en juillet 2021.
Le déclic arrive en avril 2023 à la Rise FC, au Portugal. Crosbie expédie l’ancien combattant UFC Alex Oliveira — surnommé « Cowboy », 27 combats à l’Octogone à son actif — en moins de cinq minutes par KO/TKO. Une victoire parlante contre un vrai nom, qui convainc l’UFC de lui signer un contrat multi-combats. Pour rallier Sydney et son premier combat sous la bannière UFC, Conor McGregor lui paye un billet en business class. Crosbie l’assumera sans fard : « Honnêtement, j’ai voyagé en classe affaires. »
Son UFC débute à l’UFC 293 (Sydney, 9 septembre 2023) face au Français Kevin Jousset. Crosbie est soumis par rear naked choke à 4:49 du premier round. Pas le début rêvé, mais le niveau monte d’un cran brutal.
Crosbie est ceinture noire de kickboxing et champion national irlandais dans la discipline, doublé d’une ceinture marron de BJJ. Sur le papier, le profil complet du welterweight moderne : frappe technique, sol solide, finisseur (cinq victoires par KO sur dix). En pratique, ses trois passages à l’UFC ont tous tourné court au premier round, et toujours par soumission ou arrêt sur coups. Le grappling adverse — là où il pensait avoir un avantage — l’a chaque fois mis en difficulté face à des adversaires de niveau Octogone.
À l’UFC 304 (Manchester, 27 juillet 2024), Sam Patterson l’étouffe avec un arm triangle à 2:50 du premier round. Troisième combat, troisième défaite en ligne. Puis vient Shanghai le 23 août 2025 : Taiyilake Nueraji le stoppe par coudes à 3:33 du round 1, quelques instants après avoir reçu un genou illégal qui lui vaut un point en moins. Crosbie quitte l’Octogone blessé, furieux, et demande publiquement sa libération. L’UFC la lui accorde en novembre 2025. Son bilan final en carrière : 10 victoires, 6 défaites, zéro abandon.