Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Avant même de poser le pied dans l’octogone, Leonardo Santos avait déjà tout prouvé sur les tatamis. Né le 5 février 1980 à Rio de Janeiro, ce spécialiste de la Nova União débarque en MMA professionnel en 2002 avec un bagage de grappleur d’exception : ceinture noire 4e dan sous Wendell Alexander, quatre fois champion du CBJJO World Cup (2002-2005), médaille d’argent au Championnat du monde IBJJF 2001 et bronze à l’ADCC cette même année. Autrement dit, un type qui étouffe les gens depuis l’adolescence.
C’est The Ultimate Fighter Brazil saison 2, en 2013, qui propulse Santos sous les projecteurs de l’UFC. Il remporte le tournoi welterweight en finale le 8 juin 2013, soumetant William Macário au 2e round (UFC on Fuel TV 10). La porte de l’octogone s’ouvre en grand. À 33 ans, il débarque à l’UFC avec un record de 11-3.
Santos combat essentiellement en lightweight (155 lbs) à l’UFC, et c’est dans cette catégorie qu’il signe ses performances les plus mémorables. En octobre 2016 à l’UFC 194, il croise Kevin Lee, alors prospect montant. Santos règle le problème en 3 minutes et 26 secondes par TKO au premier round — un résultat que l’UFC récompense du titre d’Upset of the Year 2015 (le combat étant comptabilisé sur l’exercice 2015 selon la nomenclature UFC).
En juin 2019, c’est Stevie Ray qui fait les frais de ses poings, éliminé par KO en 2 minutes et 17 secondes au premier round, ce qui vaut à Santos un bonus Performance of the Night. Puis en juillet 2020, lors de l’UFC 251 à Abu Dhabi (l’île de la bulle Covid), il domine par décision Roman Bogatov, alors invaincu en dix combats professionnels. Trois victoires, trois messages clairs.
L’ADN de Santos, c’est la soumission. Sur 18 victoires professionnelles, 9 passent par là. Mais il n’est pas du genre à attendre que ça tombe tout seul : ses deux performances de la nuit montrent qu’il peut finir debout aussi. À l’UFC, il affiche 87 % de défense aux takedowns — ce qui signifie que personne ne vient le chercher au sol, les adversaires préfèrent le laisser choisir.
Les trois derniers combats de Santos illustrent la dure réalité du MMA à plus de 40 ans. En mars 2021, Grant Dawson le stoppe au 3e round. En décembre 2021 à l’UFC Vegas 44, Clay Guida renverse le cours d’un match mal embarqué pour lui et soumet Santos au 2e round (1:21). Puis en août 2022 à l’UFC 278, Jared Gordon l’emporte aux points sur la distance. Santos annonce sa retraite peu après, le 8 septembre 2022, avec un bilan de 18-7-1 en carrière professionnelle, dont 7-4-1 à l’UFC.
Vingt ans de compétition, un titre TUF, deux bonus de performance, et la réputation d’un technicien du sol qui a su se réinventer plusieurs fois. C’est pas rien pour un gamin de Rio qui étranglait déjà ses adversaires sur les tatamis au tournant des années 2000.