Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
María Guadalupe Godínez González est née le 6 septembre 1993 à Aguascalientes, au Mexique. À 14 ans, son père Carlos, dont le garage automobile était ciblé par un cartel local, a annoncé à la famille qu’ils partaient à Disneyland. En réalité, direction Vancouver, Canada, avec rien ou presque en poche. Six mois en hôtel, du car-wash pour payer les factures, zéro anglais. « Quand mes parents ont finalement tout expliqué, j’ai dit : Non. Non. C’est pas réel », se souvient-elle. Cette histoire — vraie, documentée, pas un mythe — donne un peu le contexte de ce que Loopy a dans le ventre.
Avant le MMA, il y a eu le judo, d’abord au Mexique, puis repris à Vancouver après l’arrivée de la famille. Une blessure au genou ferme cette porte. Elle se tourne vers le jiu-jitsu brésilien, ceinture violette obtenue sous Nabil Salameh, et c’est en regardant un des premiers combats de Ronda Rousey qu’elle comprend que l’octogone l’appelle. Elle commence le MMA à 25 ans à Titan MMA de Coquitlam, trop timide pour sparrer au départ.
Son début en amateur est franchement chaotique : 2 victoires, 4 défaites, 1 nul sur sept sorties. Rien qui préfigure ce qui suit. En octobre 2020, elle s’empare du titre LFA Strawweight en dominant Vanessa Demopoulos sur 25 minutes, et cette performance lui ouvre les portes de l’UFC.
Son premier combat à l’UFC, le 17 avril 2021, c’est une entrée en remplacement express contre Jessica Penne. Elle perd aux points en décision partagée, dans un combat que beaucoup estiment qu’elle aurait dû remporter. Qu’importe : six mois plus tard, elle soumet Silvana Gómez Juárez par armbar au premier round et repart avec un bonus Performance de la Nuit. Dans la foulée, elle enchaîne sept jours plus tard face à Luana Carolina — un délai entre deux combats UFC qui constitue un record moderne pour la division. Elle gagne encore.
Loopy Godinez est avant tout une combattante de grappling control, à l’aise pour dicter le rythme au sol. Sa précision aux frappes tourne autour de 49 % — honnête pour une strawweight — avec une préférence pour les crochets qui ouvrent des angles. 43 % de réussite au takedown, et une capacité à encaisser sans vaciller qui lui a longtemps évité toute défaite par arrêt.
En 2023, elle déménage à Guadalajara, Mexique, pour s’entraîner au Lobo Gym avec Alexa Grasso et son entourage. « Je suis partie parce qu’on s’installe parfois dans une zone de confort qui ne vaut rien », explique-t-elle. Le changement paye immédiatement.
L’année 2023 est celle où Loopy Godinez écrit son nom dans les livres de l’UFC. Elle enchaîne quatre victoires sur douze mois : décision contre Cynthia Calvillo (avril), décision contre Emily Ducote (mai), soumission d’Elise Reed à la Noche UFC avec un nouveau bonus Performance de la Nuit (septembre), et décision partagée sur Tabatha Ricci à l’UFC 295 au Madison Square Garden (novembre). Personne, ni Amanda Nunes ni Valentina Shevchenko, n’avait réalisé quatre victoires UFC en une seule année civile chez les femmes. Elle le fait.
En 2025, elle continue sur sa lancée en battant Julia Polastri (mars) puis Jessica Andrade aux points (août, UFC 319) — une victoire qui sonne fort sur une ancienne championne du monde. Son record UFC grimpe à 9-5 avant l’UFC 327 du 11 avril 2026 à Miami, où elle affronte Tatiana Suarez. Loopy commence fort, secoue Suarez dès le premier échange, mais Suarez renverse la vapeur par le wrestling et la soumet par rear-naked choke à 2:29 du deuxième round. Première défaite par arrêt de sa carrière professionnelle. Record actuel : 14-6.
Ses deux sœurs cadettes, Ana et Karla, sont lutteuses au niveau national canadien — Ana a qualifié pour les Jeux olympiques de Paris 2024. La famille Godínez, venue de rien à Vancouver, a clairement décidé de ne pas faire les choses à moitié.