Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Elle a découvert le MMA en passant devant une salle à Coventry, presque par hasard. Dix ans plus tard, Melissa « No Mess » Mullins est ceinture noire de BJJ, promu dans l’octogone après avoir mis KO son adversaire, et elle se bat au niveau le plus haut de la planète en bantamweight féminin. Pas le genre de trajectoire qu’on improvise.
Née le 23 juillet 1991 à Oxford, d’une mère hongroise et d’un père irlandais, Mullins a grandi dans une instabilité profonde — des passages en refuge pour femmes, la pauvreté, et la perte de ses deux parents liée à des problèmes d’addiction. Elle en parle sans fard, comme une réalité qui fait partie d’elle. Après le sport, elle se construit une vie structurée : diplôme de BSc en Sport et Sciences de l’exercice, certification de coach de gym niveau 2, qualification FA en football. En 2016, elle pousse la porte du Lions Gym Coventry (aujourd’hui affilié Gracie Barra) et ne ressort plus.
Ce qui la captive d’emblée, c’est le sol — les positions, la pression, le contrôle. Le grappling devient son terrain de jeu naturel. En quelques années, elle empile les titres en JJ brésilien : double or à l’IBJJF Worlds en ceinture marron, poids et open, sans encaisser un seul point en compétition. Le genre de performance qui ne s’explique pas par la chance.
Après un passage amateur solide (médaille d’argent IMMAF Europe notamment), Mullins passe professionnelle en 2021. En octobre 2023, elle décroche son contrat UFC et fait ses débuts à Vegas le 14 octobre contre la Russe Irina Alekseeva, qu’elle domine aux points sur trois rounds. Victoire aux points unanime, entrée réussie.
La suite est plus contrastée. En avril 2024, face à la Française Nora Cornolle — un combat en catchweight à 138 lbs, les deux combattantes ayant raté la limite — elle encaisse un TKO au deuxième round (3:06). Un arrêt net qui la remet à plat. Mais le 9 novembre 2024, à l’UFC Vegas 100, elle revient contre la Polonaise Klaudia Sygula (octogone debut) et la règle à 1:20 du deuxième round par TKO au sol, une avalanche de coups sans réponse. Dans la foulée du combat, son entraîneur lui remet sa ceinture noire de BJJ. Directement dans l’octogone. Difficile d’imaginer meilleur moment.
Mullins, c’est la pression et le contrôle. Son travail de sol est son moteur principal — takedowns, maintien en position de mont, ground and pound lourd. 57 % de ses victoires pro se terminent avant la limite, essentiellement par KO/TKO. Elle frappe avec une précision de 50 % et affiche un taux de défense aux takedowns de 86 %. Pas une frappe-tout-suite, mais une combattante qui cherche à étouffer et à finir.
En juin 2025, elle s’incline en décision unanime face à la Russe Daria Zhelezniakova à l’UFC on ABC. Un revers qui la laisse à 2-2 à l’UFC avec un bilan général de 7-2. En mars 2026, elle était programmée sur la carte UFC London face à Luana Carolina — un combat à domicile qu’elle attendait avec émotion — mais la Brésilienne rate la pesée de 8 livres, et le combat est annulé. Mullins fait la pesée seule, en larmes de soulagement, avant d’apprendre la nouvelle. Elle enchaîne aujourd’hui avec un défi face à Bia Mesquita le 20 juin 2026 à l’UFC Apex de Las Vegas.
A 34 ans, avec une ceinture noire de BJJ et un vécu qui aurait découragé beaucoup d’autres, « No Mess » n’a pas dit son dernier mot dans la division bantamweight mondiale.