Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Le 28 juillet 2024, au lendemain de sa victoire sur Manel Kape à l’UFC 304, Muhammad Mokaev apprend qu’il est libéré par l’UFC. Sept combats dans l’octogone, sept mains levées, zéro défaite — et pourtant la porte. C’est l’un des départs les plus discutés de l’histoire récente de la catégorie poids mouches, et il en dit long sur le parcours atypique de ce grappleur né à Buynaksk, au Daghestan, le 30 juillet 2000.
Mokaev quitte le Daghestan pour l’Angleterre à 12 ans et pose ses valises dans la région de Manchester. Là, il transforme un déracinement en carburant. Sur les tatamis britanniques, il rafle les titres de lutte et de grappling junior, puis devient une anomalie statistique chez les amateurs : 23 victoires, aucune défaite, et deux titres de champion du monde IMMAF junior, en 2018 et 2019. Le socle est posé : c’est un lutteur-grappleur avant d’être un frappeur, et ça ne changera plus.
Il signe avec l’UFC et débute le 19 mars 2022 à Londres, sur la carte Volkov vs Aspinall. Le verdict tombe en moins d’une minute : soumission de Cody Durden. Le ton est donné. Suivent une décision unanime sur Charles Johnson (juillet 2022), un armbar sur Malcolm Gordon (octobre 2022), puis une fin de combat sur Jafel Filho à l’UFC 286 le 18 mars 2023 — un combat où il se sort d’un kneebar profond avant de soumettre son adversaire au troisième round.
La marche continue avec un étranglement en triangle-bras sur le vétéran Tim Elliott (octobre 2023), une décision unanime sur Alex Perez (mars 2024), et enfin la décision sur Manel Kape à l’UFC 304, le 27 juillet 2024. Bilan UFC : 7-0, en grande partie par soumission, avec une domination au sol qui rappelle l’école daghestanaise.
La sortie de Mokaev n’a rien d’une question sportive. Dana White a évoqué « plusieurs raisons » et des problèmes en dehors de la cage, sans jamais lui reprocher un résultat. Un invaincu remercié au sommet : du jamais-vu ou presque chez les mouches.
Loin de disparaître, Mokaev rebondit. Il décroche le titre poids mouches inaugural de la Brave Combat Federation et reste fidèle au grappling qui l’a construit. À 25 ans, son record professionnel reste vierge de défaite et il n’a jamais caché son objectif : revenir dans l’octogone pour finir le travail laissé en plan.