Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Né le 16 novembre 1984 à Sønderborg, au Danemark, Nicolas Dalby surnommé « Danish Dynamite » est l’un des poids welters les plus aguerris du circuit UFC. À 41 ans, il cumule un bilan de 24 victoires, 6 défaites et 1 match nul en carrière professionnelle, avec sept KO et quatre soumissions à son actif. Ce qui le distingue d’emblée : son parcours n’est pas une ligne droite, c’est une trajectoire fracassée, recollée pièce par pièce, et c’est précisément ce qui le rend intéressant.
Dalby commence par le karaté Ashihara (ceinture verte) avant de s’orienter vers le MMA, en s’entraînant au Rumble Sports de Copenhague. Il fait ses débuts professionnels le 6 mars 2010, et dès octobre de la même année il plante un record qui tient encore : le KO le plus rapide de l’histoire du MMA scandinave, expédié en six secondes face à Raimondas Sinica à Fightergalla 16. Six secondes. La main levée, le combat terminé avant que la foule ait fini de s’asseoir.
Il grimpe ensuite dans la hiérarchie de Cage Warriors, la principale fédération européenne, et décroche le titre welterweight le 22 mars 2014 contre Sergei Churilov (TKO en quatre rounds, Cage Warriors 66). Il défend la ceinture une fois avant d’attirer l’attention de la plus grande organisation du monde.
Dalby fait ses débuts à l’UFC le 30 mai 2015, et remporte son premier combat par décision partagée face à Elizeu Zaleski dos Santos. Cinq mois plus tard vient le combat qui installe sa réputation en Europe : face à un Darren Till encore inconnu du grand public, à Dublin, en octobre 2015, les deux hommes livrent un thriller de trois rounds qui se termine sur un match nul à la majorité. Les deux reçoivent le bonus « Fight of the Night ». Dalby avait été envoyé au tapis en fin de premier round, il avait tout renversé pour revenir. Ce genre de combat qu’on ne rate pas.
Mais la route tourne mal. Après deux défaites consécutives (dont une contre Peter Sobotta à UFC Fight Night 93 à Hambourg, le 3 septembre 2016), l’UFC le libère. Ce qui suit, Dalby l’a raconté lui-même publiquement en 2018 sur Instagram : dépression, alcoolisme, une descente réelle après des années de compétition à haut niveau. Il perd son contrat, sa structure et une bonne partie de sa motivation.
Fin 2018, il reprend la compétition dans Cage Warriors. En décembre, il bat Philip Mulpeter par TKO. En mars 2019, il s’empare du titre intérimaire welterweight en faisant pareil avec Alex Lohore. Ces victoires lui servent de rampe de lancement : l’UFC le resigné dans l’été, et en septembre 2019 il revient dans la promotion à Copenhague, en battant Alex Oliveira par décision unanime devant son public.
Un documentaire, Fighting Nicolas Dalby, retrace cette période — la chute d’un combattant UFC en dépression et au chômage, et son combat pour remonter. Pas le parcours glamour habituel des promos de combats.
Dalby est un frappeur solide avec une base en karaté qui donne du relief à ses distances. Sa ceinture marron en jiu-jitsu brésilien lui assure de ne jamais être pris de court au sol. Il n’est pas spectaculaire à regarder de loin, mais il sait gérer une situation difficile, revenir dans un combat qu’il semblait perdre, et encaisser ce qu’il faut encaisser sans lâcher prise. Le combat Till en est la preuve la plus claire.
En novembre 2023, à UFC Fight Night Sao Paulo, il signe probablement la performance la plus marquante de sa deuxième période UFC : un TKO au round 2 face à Gabriel Bonfim, alors invaincu en MMA (18-0), à 4:33 du second round. Bonfim était présenté comme une future star brésilienne. Dalby lui inflige sa toute première défaite professionnelle et repart avec un nouveau bonus « Fight of the Night ».
Il encaisse ensuite deux défaites : une décision partagée face à Rinat Fakhretdinov en juin 2024, puis un KO au deuxième round face à Randy Brown en avril 2025. Deux semaines après, il repart de l’avant : le 22 novembre 2025, à Doha lors de l’UFC Qatar (UFC Fight Night : Tsarukyan vs. Hooker), il bat Saygid Izagakhmaev — poulain de l’équipe Khabib à son début UFC — par décision partagée (29-28, 28-29, 29-28). Un résultat contesté, un combat serré, mais une victoire de vétéran qui sait jouer avec les marges.
À 41 ans, Nicolas Dalby est toujours là. Ce n’est pas rien.