Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Douze victoires par soumission sur 22 au total, un Suloev stretch comme carte de visite, et une ceinture noire de BJJ signé Daniel Gracie — Pat Sabatini est le genre de gars qu’on ne veut pas croiser au sol. Né le 9 novembre 1990 à Bristol, Pennsylvanie, ce poids plume de l’UFC a construit son jeu sur deux piliers : une lutte NCAA Division I (Rider University, 100 victoires en lycée) et un BJJ de compétition qu’il n’a jamais arrêté de pratiquer en parallèle de sa carrière MMA.
Sabatini a découvert les arts martiaux par la force des choses — une mauvaise rencontre avec une brute à l’école l’a amené au Tang Soo Do, puis au jiu-jitsu brésilien quelques années plus tard. Les deux disciplines lui ont valu une ceinture noire dans chacune. En régional, il a dominé la CFFC (Cage Fury Fighting Championships) à tel point qu’il en est devenu champion poids plume à deux reprises, avec trois défenses de titre lors de son premier règne. Un palmarès qui lui a ouvert les portes de l’UFC.
Il fait ses débuts à l’UFC le 24 avril 2021, à l’UFC 261, face à Tristan Connelly : victoire aux points après un début de combat prometteur. Moins de cinq mois plus tard, il étouffe Jamall Emmers au premier round (UFC on ESPN, 28 août 2021) et empoche un bonus Performance of the Night. L’élan est là.
Mais l’UFC ne pardonne pas les failles. En septembre 2022, Damon Jackson le stoppe au premier round à coups de poings au sol (UFC Vegas 60). Rebelote en novembre 2023 à l’UFC 295 : Diego Lopes, en pleine ascension, le coupe net en 1 minute 30 de round 1. Deux TKO au premier round en l’espace de 14 mois, les mêmes limites au striking qui ressortent.
La réponse de Sabatini a été méthodique. Il repart, travaille, et revient à l’automne 2024 pour étrangler Jonathan Pearce (RNC, octobre 2024). Depuis, il enchaîne : décision sur Joanderson Brito (avril 2025), décision sur Chepe Mariscal en revanche (UFC 322, novembre 2025), décision sur William Gomis à l’UFC 328 (10 mai 2026). Quatre victoires consécutives, record pro à 22-5.
Sabatini est avant tout un grappler. Sa lutte universitaire lui donne la capacité d’imposer le clinch et de plonger au sol ; son BJJ fait le reste. Il chasse les étranglements arrière et les heel hooks, mais sa technique de prédilection reste le Suloev stretch — un étirement de hanche rare qu’on ne voit quasiment jamais en MMA de haut niveau. Quand il est debout, il reste prudent, préférant les distances courtes pour connecter la droite avant de chercher la clinch. Son striking debout reste son point faible le plus exposé, comme ses deux KO d’affûtée l’ont montré.
À 35 ans, Sabatini affiche une série de quatre victoires et vise clairement le top 15 des poids plume UFC. Il continue de défendre sa ceinture CFFC BJJ en parallèle — il a même décroché le titre inaugural de la FURY Professional Grappling en mai 2025, en battant le vétéran UFC Joe Solecki aux points. Le combattant qui avait semblé percuté de plein fouet en 2023 s’est métamorphosé en candidat sérieux à un classement mondial.