Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
En octobre 2023, quand l’UFC a annoncé la signature de Puja Tomar, la MMA en Inde a changé de dimension. Pas simplement parce qu’elle était la première femme indienne à intégrer la plus grande promotion du monde, mais parce que le chemin parcouru depuis Budhana, un village agricole de l’Uttar Pradesh, est franchement vertigineux.
Née le 5 décembre 1993 à Budhana, Puja Tomar grandit dans une famille de paysans. Elle perd son père très jeune et c’est en partie ce deuil précoce qui la pousse, à 12 ans, à quitter le foyer familial pour s’entraîner à Meerut, à 45 km de là. Elle commence par le wushu : discipline qu’elle va maîtriser au point de devenir cinq fois championne nationale et de représenter l’Inde aux Championnats du Monde Wushu. Le karaté et le kickboxing viennent compléter ses bases. À 19 ans, en octobre 2013, elle fait ses débuts professionnels en MMA sous la bannière Super Fight League et règle l’affaire en 24 secondes par KO.
La trajectoire de Tomar passe ensuite par l’Asie du Sud-Est. Elle s’installe au Soma Fight Club de Bali, en Indonésie, et intègre ONE Championship. Sur ce circuit, elle se frotte à un plateau solide : Tiffany Teo la soumet à l’armbar en novembre 2017, Jihin Radzuan à l’étrangleur triangle en mars 2018. Mais c’est surtout le TKO encaissé en janvier 2020 face à Stamp Fairtex — alors reine dominante des poids paille ONE — qui souligne le niveau auquel Tomar évoluait déjà. Elle perd, mais en un round face à l’une des meilleures du monde dans la catégorie.
Elle rebondit dans le circuit Matrix Fight Night à partir de 2021 : quatre victoires consécutives, dont un arrêt de coin en juillet 2023 contre Anastasia Feofanova pour défendre sa ceinture MFN Strawweight. Quatre combats, zéro doute : la « Cyclone » est prête pour la grande scène.
Le 8 juin 2024, à Louisville (Kentucky), Puja Tomar entre dans l’octogone pour l’UFC on ESPN 57 face à la Brésilienne Rayanne dos Santos. Au terme de trois rounds très disputés, les juges rendent un verdict partagé (30-27, 27-30, 29-28) en sa faveur. Elle devient la première Indienne — homme ou femme — à remporter un combat dans l’UFC. Le retour au village quelques jours plus tard ressemble à une fête nationale : ça méritait bien un peu d’honneurs pour une gamine partie à 12 ans avec ses gants et ses rêves.
La suite est plus difficile. Le 22 mars 2025, lors de l’UFC Fight Night 255 à Londres, Shauna Bannon la soumet à l’armbar à 3:22 du deuxième round — dans un combat où l’Irlandaise a su retourner la situation après avoir encaissé un high kick dévastateur. Puis le 29 mai 2026, lors du Road to UFC Season 5 à Macao, la Chinoise Shi Ming la choke en un peu plus de trois minutes par arm-triangle au round 1.
Tomar combat en poids paille (52 kg) et mesure 1m45 pour 150 cm d’allonge. Son style part de ses bases en wushu et percussion debout : elle utilise volontiers les side kicks et les coups de pied au corps pour gérer la distance. Sa principale lacune reste le sol, où elle a encaissé cinq de ses six défaites par soumission sur l’ensemble de sa carrière. Son record global au moment d’écrire ces lignes s’établit à 9 victoires (dont 6 par KO) et 6 défaites, avec un bilan UFC de 1-2.