Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Né le 14 décembre 1995 à Samarkand, en Ouzbékistan, Saidyokub Kakhramonov grandit dans une culture du combat. Avant même de poser le pied dans une cage MMA, il accumule les titres sur les tatamis : ceinture noire de judo, ceinture marron de jiu-jitsu brésilien, champion multiple de sambo et médaillé de bronze aux championnats du monde de combat sambo. Il remporte aussi le US Open de judo — une base technique qui va définir son MMA. Installé à Irvine, en Californie, il s’entraîne à la Team Oyama et commence son parcours pro dans les circuits régionaux américains.
Sa montée en puissance passe par la CFFC (Combat Force Fighting Championship), où il décroche la ceinture bantamweight en mettant Tycen Lynn KO. En 2018, il croise déjà la route d’Umar Nurmagomedov sous la bannière PFL — et s’incline aux points le 30 août lors du PFL 7. Une défaite face à l’un des meilleurs prospects de la décennie, rien d’infamant.
Le 21 août 2021, lors du UFC Fight Night 192 (UFC Vegas 34), Kakhramonov débarque en remplacement de dernière minute — il visitait sa famille en Ouzbékistan quand le téléphone a sonné. Il n’a eu le temps que de faire ses photos de promo avant d’entrer dans la cage contre Trevin Jones, vétéran combatif de la division. Le résultat laisse sans voix : au troisième round, après avoir allumé Jones debout pendant trois minutes, il attrape un ninja choke et force la soumission à 4:39. Un premier coup d’éclat qui atterrit immédiatement sur les radars.
En juillet 2022, il confirme en dominant Ronnie Lawrence sur trois rounds — décision unanime propre, sans suspense. Son record UFC grimpe à 2-0, le buzz autour de lui grandit.
Le 17 décembre 2022 au UFC Fight Night: Cannonier vs. Strickland, c’est Said Nurmagomedov qui croise sa route. Le Russe le soumet par guillotine choke au deuxième round (3:50). Un revers, une seule défaite en trois combats à l’UFC — et pourtant, la promotion le coupe dans la foulée. Kakhramonov ne mâche pas ses mots sur les réseaux : « I never had a fair shake in the UFC — 3 fights in almost 2 years. » Il estime n’avoir jamais eu les conditions pour montrer son vrai niveau.
Loin d’encaisser le coup en silence, Kakhramonov repart en compétition. En mai 2023, il soumet Rafael Costa au XMMA 6. Il se tourne ensuite vers la Karate Combat, où il enchaîne les victoires : TKO de Gabriel Stankunas au troisième round en décembre 2023 (KC 43), puis TKO de Tananut Johphromma dès le premier round en avril 2024 (KC 45). Son record global tourne autour de 13-3 selon les sources consultées.
Kakhramonov est avant tout un grappleur. Ses racines judo et sambo lui donnent une solidité au sol hors norme pour le bantamweight, avec une défense de soumission et un jeu d’étranglements rodé — le ninja choke contre Jones en est la démonstration parfaite. Il n’est pas manchot debout non plus, capable de dicter le rythme en clinch et d’allumer un adversaire avec des mains propres. Ce profil complet, associé à un mental de compétiteur construit depuis l’enfance sur les tatamis, en fait un combattant qui méritait clairement plus que trois apparitions à l’UFC.