Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Sara McMann n’est pas arrivée en MMA par hasard ou par goût du spectacle. Elle y est arrivée avec un bagage que peu de combattantes peuvent revendiquer : une médaille d’argent aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, en lutte libre féminine. Mieux encore, elle est la première Américaine de l’histoire à décrocher une médaille olympique en lutte — un titre qui n’a rien de symbolique quand on mesure ce que ça implique en termes de gestion de la distance, du contrôle au sol et de la résistance physique.
Née le 24 septembre 1980 à Takoma Park (Maryland), McMann a grandi dans l’État de Caroline du Nord, où elle commence la lutte à 14 ans au lycée McDowell de Marion. Elle enchaîne ensuite les podiums internationaux : argent aux Mondiaux 2003 (63 kg), bronze en 2005 et 2007, plusieurs titres aux Jeux panaméricains. En 2022, elle est intronisée au National Wrestling Hall of Fame. Le palmarès d’une carrière entière pour beaucoup. Pour elle, c’était l’entrée en matière.
McMann passe aux sports de combat mixtes en 2010 et fait ses débuts pro le 28 mai 2011, en soumettant Christina Marks au premier round. Deux ans de rodage, et elle débarque à l’UFC le 27 avril 2013 lors de l’UFC 159, où elle met fin aux espoirs de Sheila Gaff par TKO dès le premier round. La progression est rapide, le socle de lutteur évident.
Dix mois plus tard, le 22 février 2014 à l’UFC 170, elle dispute le titre des poids coq face à Ronda Rousey — la dominatrice absolue de l’époque. McMann tient le premier round, attaque au corps, prend l’espace. Rousey répond par un genou au foie au deuxième round qui stoppe tout à 1:06. La défaite est sèche, mais la performance prouve que McMann avait les moyens de poser des problèmes aux meilleures.
Sa carrière dans la promotion suit ensuite une trajectoire en dents de scie, comme souvent pour les lutteurs qui évoluent dans une division de haut niveau. Elle bat Jessica Eye en mai 2016, puis soumet Alexis Davis — ceinture noire de jiu-jitsu brésilien — en décembre de la même année, une victoire qui dit beaucoup sur la polyvalence de McMann au sol. En revanche, elle perd face à Amanda Nunes en août 2015 et contre Miesha Tate en janvier 2015, deux ex-championnes qui ne laissent aucune marge à l’erreur.
En janvier 2021 à l’UFC 257, elle s’incline par étranglement arrière face à Julianna Peña au troisième round — la même Peña qui allait renverser Nunes un an plus tard. Son dernier passage à l’UFC s’achève sur une victoire par décision unanime contre Karol Rosa le 26 mars 2022, un combat propre où McMann impose son jeu au sol pendant trois rounds complets.
Après son départ de l’UFC fin 2022, McMann signe avec Bellator et livre son dernier combat le 7 octobre 2023 à Bellator 300, à San Diego. Face à l’Irlandaise Leah McCourt, elle subit un TKO au premier round à 4:30 — McCourt renverse une tentative de takedown et conclut sous une pluie de coups de poing et de coudes. McMann avait 43 ans. Son bilan MMA final s’établit à 14 victoires et 7 défaites, dont 6 combats gagnés à l’UFC face à un plateau parmi les plus relevés du monde.
Au total, Sara McMann a affronté quatre championnes de l’UFC : Rousey, Tate, Nunes et Peña. Peu de combattantes peuvent en dire autant. Couplé à son master en conseil en santé mentale obtenu à la Gardner-Webb University, son parcours dessine le portrait d’une athlète qui n’a jamais fait les choses à moitié — ni sur le tapis, ni en dehors.