Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Deux fois champion d’État de lutte en Géorgie, 40 victoires et 0 défaite en senior, une année à la fac à l’Université du Tennessee-Chattanooga : Torrez Finney avait les bases d’un athlète sérieux avant même de chausser des gants. Il démarre le MMA en juillet 2020, enchaîne un 5-0 en amateur avec les ceintures Middleweight et Light Heavyweight, puis passe pro en 2022. La machine est lancée. Son record pro monte à 11-1 à ce jour, avec 7 KO/TKO et 1 soumission au compteur — soit 73 % de finishes.
Dana White n’était pas convaincu facilement. Première tentative en octobre 2023 : Finney étouffe Yuri Panferov à la clé bras arrière (rear naked choke) au 2e round, performance nette — mais pas de contrat. White lui dit d’aller chercher plus d’expérience. Deuxième passage en août 2024 face à Cam Rowston : victoire aux points, mais l’Américain s’essouffle sur trois rounds et White tranche cash : « Va te battre trois ou quatre fois cette année, puis reviens. » Le gamin de Macon ne se défait pas. Six semaines plus tard, surprise : une troisième chance lui est offerte. Le 2 octobre 2024, il neutralise Abdellah Er-Ramy dès le premier round et repart avec son contrat. « Parfois Dieu te demande à quel point tu veux vraiment passer cette porte », dira-t-il après le combat.
Octogone enfin, le 5 avril 2025, à l’UFC Fight Night Emmett vs. Murphy. Face à Robert Valentin, finaliste de TUF 32, Finney s’impose en décision partagée — mais l’UFC retient surtout autre chose : 17 frappes portées en trois rounds, dont seulement quatre comptabilisées comme significatives. Record de la production la plus basse pour une victoire dans l’histoire de l’Octogone. L’intéressé ne s’en cache pas : « C’était un dud, c’est tout. » Pas de langue de bois.
Le 1er février 2026, à Sydney, Finney monte en tête d’affiche des prelims d’UFC 325 (Qudos Bank Arena) face à l’Australien Jacob Malkoun. La nuit tourne vite à l’aigre. Malkoun domine aux poings, place un knockdown en première période avec un crochet gauche court, puis un nouveau knockdown en deuxième round. Verdict unanime : 30-27, 30-26, 30-26. Première défaite pro pour Finney, et un signal clair sur la distance qui le sépare encore du haut de la division middleweight.
Finney est avant tout un lutteur — ceinture violette en BJJ, 44 % de précision sur les takedowns selon l’UFC. Mais ses meilleurs résultats sont venus au sol via la domination physique et le ground-and-pound, pas via une boxe sophistiquée : ses stats de frappes à l’UFC (36 % de précision, 1,03 frappes significatives par minute) racontent clairement où il doit progresser. À 27 ans, la marge existe — la volonté aussi, comme il l’a prouvé en tapant trois fois à la porte de la promotion.