Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Le 1er août 2020, Trevin Giles s’apprête à entrer dans l’octogone pour affronter Kevin Holland au UFC Apex de Las Vegas. Il s’effondre dans les coulisses, quelques minutes avant le coup d’envoi. À l’hôpital, une infirmière lui annonce que son coeur s’est arrêté. Le combat est annulé. Il a 27 ans, un fils qui vient de naître, et une carrière à l’UFC à peine lancée. C’est l’histoire de « The Problem ».
Né le 6 août 1992 à San Antonio, au Texas, Trevin Dewayne Giles commence les arts martiaux mixtes à l’âge de 20 ans — tard pour les standards modernes. Il s’entraîne au War Training Center à Houston, développe une ceinture marron de jiu-jitsu brésilien, et construit un record en béton sur la scène régionale texane. Entre janvier 2014 et juillet 2016, il enchaîne dix victoires sans défaite, finissant la majorité de ses adversaires avant la limite. Parmi ces victoires en circuit local, un certain Brendan Allen — qui fera lui aussi sa carrière à l’UFC — s’incline face à lui en mars 2016.
Son profil attire l’attention. Il passe par la LFA en février 2017, où il bat Ryan Spann aux points (un futur combattant UFC lui aussi), puis signe avec la ligue mondiale. Le 8 juillet 2017 à UFC 213, il met KO James Bochnovic au deuxième round pour son entrée dans la grande cour. La machine est lancée : en décembre 2017, il expédie Antônio Braga Neto par KO au troisième round à Fresno. Dix victoires, zéro défaite en professionnel.
En 2018, Giles prend une décision qui surprend tout le monde : il intègre le Houston Police Department et met sa carrière MMA entre parenthèses. Un an de pause. Il revient en 2019, directement à l’UFC, mais la marche est haute. Il perd deux fois de suite par soumission guillotine au troisième round — d’abord contre Zak Cummings en mai 2019 à Rochester, puis contre Gerald Meerschaert en août 2019 à Newark.
La renaissance arrive le 8 février 2020 à UFC 247, devant le public de Houston. Il bat James Krause à la décision partagée dans un combat haché et intense qui leur vaut le bonus Fight of the Night. Un mois plus tard, son fils naît. Et c’est là que le coeur lâche.
Après l’incident d’août 2020 et les bilans cardiologiques, Giles reprend la compétition. En novembre 2020, il bat Bevon Lewis par TKO au troisième round. En mars 2021, il domine Roman Dolidze aux points. Deux victoires solides qui lui valent un test de taille : Dricus du Plessis, le 10 juillet 2021 à UFC 264, la nuit du troisième combat McGregor-Poirier. L’affiche est belle. Le résultat est brutal : le Sud-Africain le met KO d’un crochet du droit au deuxième round. Du Plessis deviendra quelques années plus tard champion du monde des poids moyens UFC.
La suite du parcours de Giles se joue principalement dans la division welter (jusqu’à 77 kg), où il alterne victoires propres et éliminations sèches. En janvier 2022, le prospect Michael Morales le stope par TKO au premier round. En mars 2023, devant sa ville natale de San Antonio, il bat Preston Parsons à la décision partagée — un retour aux sources symbolique. Son dernier combat à l’UFC a lieu le 2 novembre 2024 à Edmonton, une défaite aux points face à Mike Malott. Il est retiré du roster UFC en juillet 2025.
Giles mesure 1m83 et affiche 74 pouces (1m88) d’envergure. Ceinture marron en BJJ, il dispose d’un arsenal en finition réel — 6 KO et 5 soumissions parmi ses 16 victoires professionnelles — mais ses limites sont apparues contre les meilleurs de la division : trois défaites par soumission (dont deux guillotines identiques) et trois KO au tableau des défaites. Record final : 16 victoires, 7 défaites.
Il a décroché son diplôme de justice criminelle à la Texas Southern University avant de devenir policier. Il quitte la police en février 2022 pour se concentrer sur le MMA. « The Problem » aura été l’un des combattants UFC les plus atypiques de sa génération — celui qui a mis son octogone en pause pour patrouiller les rues de Houston, et celui dont le coeur s’est arrêté juste avant un combat.