Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Née en 1999 à Volgograd, à un millier de kilomètres au sud de Moscou, Viktoriia Dudakova a longtemps eu la tête sous l’eau — au sens propre. Sélectionnée en équipe nationale russe de natation à 13 ans, championne de Russie en catégorie junior, elle avait tout pour faire une belle carrière aquatique. Mais un changement de coach, des résultats en baisse, et c’est sa mère qui lui suggère de se tourner vers les arts martiaux. Pas de transition timide : son père était lui-même kickboxeur, et la petite Victoria regardait les combats en famille depuis l’enfance.
Ce qui l’a vraiment déclenchée ? Ronda Rousey. L’admiration pour la Californienne va jusqu’au geste technique : Dudakova adopte l’armbar comme signature, en miroir de son idole. Elle passe ses diplômes d’entraîneuse de natation, mais c’est le MMA qui devient son terrain de jeu principal.
En 2019, elle rafle le titre de championne d’Europe MMA et décroche la médaille de bronze aux championnats du monde. Elle remporte aussi le circuit russe Open FC. Dès 2020, elle passe professionnelle et ne lâche aucune défaite pendant trois ans : huit victoires, dont quatre par soumission et deux par TKO, avant de signer à l’UFC.
Le 15 juillet 2023, lors de l’UFC Vegas 77, Dudakova fait ses grands débuts en poids paille. L’adversaire, Istela Nunes, se disloque le coude gauche à 34 secondes du premier round — Dudakova tentait un simple-leg, Nunes a posté son bras dans le mauvais sens en défendant. La Russe, clairement gênée par la tournure des événements, s’exclame au micro : « Je suis désolée que ça soit arrivé. » TKO médical, victoire inscrite, mais début douloureux à regarder.
Le 21 octobre 2023, toujours invaincu, elle est bien plus convaincante face à Jinh Yu Frey qu’elle domine sur trois rounds pour décrocher une victoire par décision unanime. Huit victoires consécutives, aucune défaite : le roster des strawweights commence à la surveiller.
Le 3 août 2024 à Abu Dhabi, Sam Hughes lui inflige la première défaite de sa carrière professionnelle, aux points, par décision partagée. Dudakova avait dominé des phases du combat mais n’a pas convaincu les trois juges.
Puis vient le 11 janvier 2025, UFC Vegas 101, face à Fatima Kline. La Russe ne trouve pas ses marques, concède deux mises au sol au deuxième round, et s’effondre sous les coudes de Kline à 4 min 27. TKO, deuxième défaite consécutive, et la première par arrêt de l’arbitre de sa carrière. Mais c’est ce qui se passe dans le coin, quelques secondes après la fin, qui retient toute l’attention : en pleine frustration, elle gifle l’un de ses cornermen qui tentait de la consoler. Le geste devient viral en quelques heures. L’homme en question était son mari. Elle présentera des excuses publiques sur Instagram dans les jours suivants.
Dudakova combat en poids paille (52,2 kg) pour une taille de 1,65 m et une allonge de 170 cm. Son background en sports de contact dès l’enfance, couplé à une vraie culture du grappling, en fait une combattante qui cherche systématiquement le sol. Ses quatre victoires par soumission en témoignent. Elle reste une grappleuse dangereuse, même si les deux derniers combats ont révélé des lacunes debout et dans la gestion des corps à corps contre des athlètes expérimentées.
Au bilan global de 8 victoires et 2 défaites en professionnel, Dudakova reste sous contrat UFC en poids paille. À 26 ans, elle a le temps de rebondir — mais deux défaites consécutives à ce niveau posent des questions auxquelles elle devra répondre dans l’octogone.