Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Murmansk, Russie, 1989. On ne grandit pas dans la capitale du cercle polaire arctique sans développer une certaine dureté. Yana Kunitskaya Santos commence le taekwondo très tôt, devient championne de Russie de la discipline en 2007, puis recroise le chemin des rings sous les couleurs du Muay Thai — championne de Russie en 2011 dans cette discipline aussi. Deux sports de pied ferme, deux titres nationaux. Une base qui explique beaucoup de ce qu’elle est devenue dans l’octogone.
Elle fait ses débuts en MMA le 23 mai 2009 à Lodz, en Pologne, face à Magdalena Jarecka — KO/TKO au premier round, 1 minute 38. La couleur est annoncée. Elle construit son palmarès en Europe de l’Est, remporte le titre Bushido FC féminin en 2010, et finit par attirer l’attention d’Invicta FC, la grande ligue américaine du MMA féminin.
Le 31 août 2017 à Invicta FC 25, Santos s’empare de la ceinture vacante des moins de 61 kg en battant Raquel Pa’aluhi aux points sur 5 rounds. Championne Invicta FC. Quelques mois plus tard, l’UFC l’appelle — et lui propose d’aller directement défier Cris Cyborg, alors dominatrice absolue des 65 kg féminins, pour le titre UFC poids plume. Débuts à l’UFC 222 le 3 mars 2018, arrêt au premier round à 3:25. Un baptême du feu brutal, mais face à l’une des meilleures combattantes de l’histoire du sport.
La suite raconte une carrière faite de hauts et de bas, comme souvent pour celles qui prennent les risques et n’évitent pas les adversaires coriaces. Défaite face à Aspen Ladd en décembre 2019 (TKO R3), stoppée par Irene Aldana à l’UFC 264 en juillet 2021 — mais aussi de vrais succès : victoire aux points sur Ketlen Vieira en février 2021, sur Julija Stoliarenko en 2020, sur Marion Reneau et Lina Länsberg lors de ses premières sorties post-Cyborg.
Sa ceinture noire en taekwondo et ses années de Muay Thai lui ont construit une frappe de pied et un jeu de clinch solides. Dans l’octogone, Santos presse, use ses adversaires au corps-à-corps, place les coudes et les genoux. Elle n’est pas une finisseuse aux décisions nerveuses : ses 9 victoires aux points en 17 victoires totales le montrent, mais ses 7 KO/TKO disent qu’elle peut aussi terminer le travail. Tapology la compte parmi les combattantes avec la plus haute part de victoires aux décisions chez les bantamweight UFC.
Après deux défaites consécutives face à Holly Holm (mars 2023, décision unanime) et Karol Rosa (juillet 2023, décision partagée), Santos repart sur une belle série. Chelsea Chandler battue aux points en août 2024, Miesha Tate dominée aux points le 3 mai 2025 à Des Moines, puis Macy Chiasson à l’UFC 320 le 4 octobre 2025 — décision unanime 29-28 sur chaque carte. Trois victoires de rang, un classement qui remonte.
En juin 2026, Yana Santos est classée numéro 7 des bantamweight féminines à l’UFC. Un blessure l’a contrainte à déclarer forfait face à Norma Dumont en avril 2026, mais la dynamique est là. À 36 ans, avec un record global de 17-8-0 (1 no contest) et une carrière entamée en 2009, elle n’a pas dit son dernier mot dans une division où les places pour un titre sont rares mais pas impossibles.