Manel Kape
Manel « Starboy » Kape Manel Kape est de ces combattants qui ne laissent personne indifférent : explosif, sûr de lui, et capable de mettre n’importe qui KO. Le Portugais
Yanal Ashmouz est né le 31 mars 1995 à Kfar Kama, un village circassien au nord d’Israël. Ses ancêtres ont quitté le Caucase après la guerre russo-circassienne du XIXe siècle pour s’installer en Palestine ottomane — une histoire que peu de combattants de l’UFC peuvent revendiquer. Enfant, Ashmouz pratique la gymnastique et joue au football jusqu’en 2017 aux côtés de son ami d’enfance Bibras Natkho, futur international israélien. C’est une vidéo de MMA sur son téléphone, à 22 ans, qui change tout. Décision prise, il commence à s’entraîner sérieusement.
Dès 2017, il enchaîne deux victoires professionnelles par soumission en un mois en Israël, et décroche la même année la médaille d’or aux championnats IBJJL de jiu-jitsu brésilien. La suite est moins rose : des adversaires se défilent, les combats tombent à l’eau. Pour survivre, il travaille en usine tout en maintenant un entraînement au ralenti. Pas le scénario rêvé pour un futur combattant UFC.
Décembre 2020, Ashmouz traverse l’Atlantique pour rejoindre Murat Keshtov à Las Vegas — le même entraîneur qui a forgé les débuts de Khabib Nurmagomedov. La rupture est nette. Après plus de trois ans sans compétition régulière, il revient en juillet 2021 avec un KO sur Armando Gjetja, puis enchaîne un TKO en octobre sur Ryan Rizco. En mars 2022, il s’impose face à Dennis Hughes sur le PFL Challenger Series et frappe à la porte de la grande ligue.
Le 18 mars 2023, UFC 286 à Londres. Sam Patterson (10-2-1), largement favori à 3 contre 1, accueille Ashmouz avec une certaine condescendance. 75 secondes plus tard, c’est Patterson qui essaie de se battre avec l’arbitre Marc Goddard, trop sonné pour comprendre que le combat est fini. Le coup en l’air d’Ashmouz — une combinaison chopée sur un kick de Patterson en suspension — reste l’un des highlights de la carte. Premier KO d’un combattant israélien dans l’UFC, premier vrai coup de projecteur pour « Red Fox ».
La suite est plus contrastée. En juillet 2023, il perd par décision unanime face à Chris Duncan, une défaite aggravée par un poignet cassé pendant le combat. Il revient le 8 septembre 2024 et domine Trevor Peek aux points sur trois rounds, remportant sa deuxième victoire à l’UFC. Puis le 7 juin 2025, à l’UFC 316 à Newark, il tombe face à l’Australien Quillan Salkilld — décision unanime (30-27, 29-28, 29-28) — dans un duel de légers où Salkilld a su lui imposer son rythme.
Ashmouz est avant tout un finisseur debout : 4 de ses 8 victoires sont venues par KO ou TKO, 2 par soumission. Sa précision en striking (51% de touches sur ses frappes significatives à l’UFC) contraste avec un jeu de lutte encore limité en cage — 1 takedown réussi sur 26 tentatives en octogone. C’est un combattant qui gagne le plus souvent debout ou en terminant vite au sol, pas en contrôlant. À la lutte pure, il reste perfectible ; en finition explosive, il peut éteindre n’importe qui.
Record professionnel : 8 victoires, 2 défaites. En UFC : 2 victoires, 2 défaites (155 lbs). Quatrième Israélien à intégrer le roster UFC, Ashmouz porte sans en faire trop la singularité de sa trajectoire — une communauté circassienne quasi invisible dans le sport mondial, un début tardif, un passage par les usines, et maintenant l’octogone de la meilleure organisation MMA du monde. À 30 ans et 2-2 en UFC, il n’est ni en danger de coupe ni en position de challenger. La prochaine sortie dira beaucoup sur la suite.