Le 11 décembre 2021, à l’UFC 269, Julianna Peña a fait ce que personne ne croyait possible : soumettre Amanda Nunes au deuxième round par rear-naked choke. Nunes n’avait pas perdu depuis 2014. C’est considéré à ce jour comme l’un des plus grands upsets de l’histoire de l’UFC. Peña, elle, en avait fait une certitude bien avant que les paris ne s’écrivent.
Née le 19 août 1989 à Spokane, dans l’État de Washington, elle grandit avec des origines mexicaines et vénézuéliennes — d’où le surnom « The Venezuelan Vixen » qu’elle porte depuis ses débuts. Elle commence le kick-boxing en octobre 2008 et signe son premier combat professionnel en mai 2009.
Le grand public MMA la découvre en 2013 lors de The Ultimate Fighter 18, la première saison à accueillir des femmes dans le tournoi principal. Peña remporte la finale le 30 novembre 2013 à Las Vegas contre Jessica Rakoczy, TKO à 4:59 du premier round, sous les coups de poing au sol. Elle devient ainsi la toute première femme à remporter le titre dans l’histoire du show. Ce n’est pas une anecdote — c’est une place dans les livres.
Sa progression dans l’UFC n’est pas un long fleuve tranquille. En 2014, une blessure sévère au genou la cloue sur la table d’opération : rupture des ligaments croisé antérieur, latéral interne, latéral externe, et lésion méniscale. Elle revient en 2015, sans abdiquer un centimètre de son intensité.
Peña est ceinture noire de JJB, et ça se voit sur le tapis. Elle a conclu 6 de ses victoires professionnelles par soumission, dont des omoplatas et des rear-naked chokes. S’entraînant au gym SikJitsu à Spokane, elle associe un jeu au sol dangereux à une pression debout qui force les échanges. Son taux de réussite au takedown tourne autour de 55 %. Elle n’attend pas que les occasions tombent — elle les crée.
Après avoir décroché la ceinture des poids coq féminins à l’UFC 269, Peña la perd en revanche face à Amanda Nunes à l’UFC 277 le 30 juillet 2022 — Nunes rectifie le tir et reprend sa ceinture par décision unanime. Le premier règne avait duré sept mois.
Elle rebondit et reconstruit. Le 5 octobre 2024, à l’UFC 307, elle bat Raquel Pennington par décision partagée pour regagner le titre. Deux fois championne UFC, deux fois passée par le feu.
Le 7 juin 2025 à Newark (New Jersey), Peña défend sa ceinture face à Kayla Harrison. Harrison, double championne olympique de judo convertie au MMA, la soumet par kimura à 4:55 du deuxième round à l’UFC 316. Peña quitte l’octogone avec un record professionnel de 13 victoires et 6 défaites, toujours classée numéro 1 de la division et numéro 9 au classement livre pour livre féminin de l’UFC.
Ce n’est pas le genre de carrière qui se résume à des chiffres. C’est celle d’une combattante qui a refusé de jouer le rôle de la challenger gentille le soir du plus grand upset de sa division.