Professeure d’anglais reconvertie en machine à finir les combats — le parcours de Melissa Gatto dit déjà beaucoup sur le personnage. Née le 2 mai 1996 à Toledo, dans le Paraná au sud du Brésil, elle commence le Kung Fu à huit ans avec son grand frère avant de naviguer vers le Jiu-Jitsu Brésilien, la Luta Livre (dont elle est ceinture noire) et finalement le MMA. Elle décroche une licence en langues à l’Université d’État de l’Ouest du Paraná, enseigne quelques années, puis décide de basculer à plein temps dans les arts martiaux mixtes.
Avant d’atteindre l’UFC, Gatto compile un bilan de 6 victoires, 0 défaite et 2 matchs nuls sur les circuits régionaux brésiliens. Parmi ses victimes : Karol Rosa, qui fera ensuite carrière à l’UFC. Ce palmarès propre lui vaut un contrat avec la plus grande organisation de MMA au monde, mais le destin s’amuse à multiplier les obstacles — suspension pour supplément contaminé, blessures, problèmes de visa. Elle ronge son frein jusqu’à l’été 2021.
Ses débuts dans l’Octogone, le 7 août 2021 à l’UFC 265, sont nets : Victoria Leonardo abandonne dès le deuxième round quand son bras se brise sur une soumission de Gatto. Quatre mois plus tard, le 18 décembre 2021, elle s’offre un exploit encore plus parlant contre Sijara Eubanks — ancienne finaliste de The Ultimate Fighter et combattante rompue au plus haut niveau. Alors qu’Eubanks domine les échanges, Gatto reverse la situation au troisième round et l’expédie avec un coup de pied au corps d’une précision chirurgicale. « On a travaillé les kicks tout le camp, des milliers de fois dans le vestiaire, alors dans l’Octogone c’est venu naturellement », expliquera-t-elle après le combat. La performance lui vaut le bonus Performance of the Night.
La suite lui enseigne ses limites aux points : Tracy Cortez la bat par décision unanime à l’UFC 274 en mai 2022, puis Ariane Lipski s’impose en split decision lors de l’UFC on ESPN du 1er juillet 2023. Dans les deux cas, Gatto garde son ratio de finishes intact — ses défaites arrivent quand les combats s’étirent sur trois rounds sans stoppage. Elle rebondit en mai 2024 avec un TKO au troisième round contre Tamires Vidal (UFC Fight Night 241), confirmant que son danger reste intact si on lui laisse trouver le timing.
En avril 2026 à l’UFC Vegas 115, sa confrontation avec Dione Barbosa vire au chaos réglementaire : un soccer kick visiblement illégal la laisse inerte au sol au deuxième round, mais l’arbitre juge le coup légal après visionnage et se contente d’un point de pénalité pour Barbosa. Gatto survit, bataill jusqu’à la fin, mais perd aux points sur décision à la majorité (29-27, 29-27, 28-28). Un combat qui marquera les esprits, pas pour les meilleures raisons.
Ceinture marron en BJJ (avec plusieurs titres de compétition dans le sud du Brésil) et ceinture noire en Luta Livre, Gatto est avant tout une grappleuse qui sait frapper. Son ratio de finishes parle : sur ses 9 victoires professionnelles, 4 par soumission et 3 par KO/TKO — seulement 2 aux points. Elle mesure 1,65 m pour 57 kg, s’entraîne aujourd’hui au KO Squad, et affiche une précision de frappe de 50 % en UFC. Son point faible documenté : les combats longs contre des adversaires disciplinés qui évitent de l’emmener là où elle est dangereuse.
Bilan professionnel : 9 victoires (3 KO, 4 soumissions, 2 décisions), 4 défaites (toutes aux points), 2 matchs nuls. Active dans la division poids mouche féminine de l’UFC à 29 ans, Melissa Gatto reste une finisseuse redoutée sur la scène mondiale — une combattante dont les adversaires savent qu’un relâchement peut tout faire basculer.