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La garde en JJB : guide complet de toutes les guards

Tous niveaux

En JJB, la garde, c’est ta maison. C’est la seule position où tu te retrouves sous ton adversaire et où, pourtant, tu gardes le contrôle. Bien jouée, elle t’empêche de te faire passer, te permet de balayer, de soumettre, de te relever. Mal jouée, c’est la porte ouverte au passage, au mount, et à une mauvaise soirée sur le tatami. Ce guide passe en revue toutes les grandes familles de garde — closed, half, open, butterfly, spider, De La Riva, X-guard — ce qu’elles font, quand les utiliser, et ce qui change entre le gi et le no-gi.

C’est quoi une garde, au juste ?

Une garde, c’est une position où tu utilises tes jambes pour gérer la distance entre toi et ton adversaire, et l’empêcher de te contrôler. Tu es généralement sur le dos ou assis, et tes jambes font le travail : elles repoussent, accrochent, déséquilibrent. C’est le cœur du jeu au sol et ce qui distingue le JJB de la plupart des autres sports de grappling : être en dessous n’est pas une position de faiblesse, c’est une position d’attaque.

On classe les gardes en deux grandes familles. La closed guard (garde fermée), où tu verrouilles tes jambes autour du torse adverse. Et les open guards (gardes ouvertes), où tes jambes ne sont pas croisées et bougent librement, en s’appuyant sur des crochets, des grips et des frames — ces appuis bras ou jambes tendus que tu places pour bloquer la pression adverse. Si tu débutes, commence par maîtriser les bases du combat au sol avant de te disperser dans les variantes.

Point clé : une bonne garde ne se mesure pas au nombre de soumissions que tu tentes, mais à ta capacité à ne PAS te faire passer. Retenir sa garde, c’est 80 % du boulot. Le reste, c’est du bonus.

La closed guard : la base de tout

La garde fermée est la première garde qu’on apprend, et pour de bonnes raisons. Tu es sur le dos, tes jambes croisées et verrouillées derrière le dos de ton adversaire, les chevilles serrées. Tant que tu tiens ce verrou, il ne peut pas avancer. Tu contrôles sa posture en tirant sur sa tête ou ses bras, et tu le casses vers l’avant pour l’empêcher de respirer son jeu.

C’est la garde la plus sûre pour un débutant : peu de chances de se faire passer tant que les jambes restent fermées. C’est aussi de là que partent les premières soumissions du JJB — l’armbar et le triangle choke sont des attaques classiques de closed guard. Pour creuser la position en détail, on y consacre un article complet sur la closed guard.

Vidéo : Bernardo Faria BJJ — un détail de closed guard en gi expliqué par un 5× champion du monde.

La half guard : la position charnière

La half guard (demi-garde), c’est quand tu contrôles une seule jambe de ton adversaire entre tes deux jambes. Longtemps considérée comme une position de transition vers le passage subi, elle est devenue un système d’attaque à part entière. Le secret : rester collé, garder un underhook (ton bras passé sous l’aisselle adverse pour contrôler son buste) et travailler activement tes jambes pour ne pas laisser l’adversaire dégager sa jambe coincée.

Depuis la half guard, tu peux balayer, te relever, ou repasser en garde ouverte. C’est une position charnière entre la défense pure et l’offensive, et elle marche aussi bien en gi qu’en no-gi. On détaille tout ça dans notre guide de la half guard.

Les open guards : le jeu de jambes

Dès que tes jambes ne sont plus verrouillées, tu es en garde ouverte. C’est le terrain de jeu le plus riche du JJB : plus dynamique, plus technique, et plus exigeant en timing. Voici les principales.

Butterfly guard

Une garde ouverte assise où tu glisses tes deux coups de pied (les insteps, le dessus du pied) à l’intérieur des cuisses adverses, comme des crochets. Elle excelle en no-gi et contre les passeurs en pression qui aiment écraser leur poids vers l’avant. C’est une des meilleures positions de balayage du jeu. On y consacre un article dédié à la butterfly guard.

Spider guard (gi)

La spider guard repose sur des grips aux manches et tes pieds calés sur les biceps adverses. Tes jambes deviennent des leviers : tu transformes ton adversaire en marionnette, tu casses sa posture et tu changes d’angle avec un minimum d’effort. C’est une garde spécifique au gi — sans manche à saisir, elle n’existe pas telle quelle.

De La Riva & X-guard

La De La Riva (DLR) accroche ta jambe autour de la cuisse avant adverse, de l’extérieur, te donnant une grande allonge pour déséquilibrer et balayer. Elle marche en gi (avec grip à la cheville/manche) comme en no-gi (avec contrôle au crochet, même si elle perd un peu de son contrôle sans tissu). La X-guard, elle, est une des positions de balayage les plus fiables en gi comme en no-gi : mécaniquement simple pour une ceinture bleue, mais assez profonde pour servir au plus haut niveau. On les regroupe dans notre article sur les gardes ouvertes modernes.

Le fil rouge de toutes les open guards : la rétention. Avant de penser à attaquer, tu dois savoir garder ta garde face à un passeur. C’est un concept transversal, gi comme no-gi, que ce coach détaille très bien.

Vidéo : Lachlan Giles & Ariel Tabak — 5 conseils pour améliorer ta rétention de garde (médaillé ADCC Absolute).

Gi vs no-gi : ce qui change pour ta garde

Les fondamentaux — posture, base, frames, mouvements de hanches — sont identiques en gi et en no-gi. Ce qui change radicalement, ce sont les grips, et donc les gardes disponibles.

En gi, tu disposes des saisies au tissu : col, manche, pantalon, ceinture. Ces grips ouvrent des gardes qui n’existent pas sans kimono, comme la spider ou la lasso. Le jeu est plus lent, plus technique : tes mains apprennent à ralentir l’adversaire, à contrôler sa posture, à casser ses grips avec intention. Pour ça, un kimono JJB à la toile résistante change tout — il encaisse les tractions répétées du jeu de garde.

En no-gi, pas de tissu à saisir : tu contrôles avec des grips au corps (poignets, cou, underhooks et overhooks), des frames et de la pression. Le rythme s’accélère, les scrambles sont plus fréquents, et les gardes qui dépendent du tissu disparaissent. Un rashguard grappling bien ajusté évite à l’adversaire d’avoir prise sur un t-shirt qui flotte — et te protège des brûlures de tatami pendant les transitions.

Point clé : ne choisis pas ton camp trop tôt. Le gi affûte ta précision et ton jeu de grips ; le no-gi affûte tes réactions et ton contrôle sans friction. Les deux nourrissent la même garde.

Par où commencer selon ton niveau

Si tu débutes, ne touche pas encore aux gardes ouvertes exotiques. L’ordre logique :

  • Closed guard d’abord : la plus sûre, celle qui pardonne le plus tes erreurs de rétention.
  • Half guard ensuite : tu vas y atterrir souvent, autant savoir y jouer plutôt que la subir.
  • Butterfly et De La Riva quand tu es à l’aise sur le dos et que tu veux ajouter du dynamisme et des balayages.
  • Spider, X-guard, gardes inversées en dernier — elles demandent flexibilité, timing et beaucoup de répétitions.

Et quel que soit ton niveau, bosse ta rétention avant tes attaques. Une garde que tu retiens te fait progresser ; une garde que tu te fais passer dix fois par round te démoralise. Une fois ta garde solide, tu pourras attaquer les balayages et les étranglements qui en découlent.

Pour aller plus loin

Et une fois que tu maîtrises ta garde, la suite logique est de comprendre l’autre côté : comment passer la garde. Connaître les deux faces de la médaille fait de toi un meilleur joueur de garde.

Du tatami au sol, il te faut le bon matos.

Kimono JJB ·
Rashguard JJB ·
Shorts Grappling
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Sources :

  • Grapplearts (Stephan Kesting) — A Glossary of Guards (Closed & Open Guard)
  • BJJ Fanatics — Gi vs No-Gi Jiu-Jitsu, instructionnels guard
  • Lachlan Giles & Ariel Tabak — The Guard Retention Anthology
  • Gymdesk / Digitsu — BJJ Guard Positions Explained

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