Avancé
Les leg locks ont révolutionné le grappling moderne, surtout en no-gi : l’ère Danaher/DDS et les ADCC en ont fait une science. Mais ce sont aussi les soumissions les plus dangereuses et les plus réglementées — le heel hook en tête. Cet article exige de la rigueur : techniques, enchevêtrements (ashi garami), et SURTOUT la légalité IBJJF par ceinture. Il fait partie de notre guide des clés articulaires en JJB.
La famille des leg locks
Les principales clés de jambe :
- Le straight ankle lock (clé de cheville droite) : la plus accessible, elle comprime/étend la cheville. La seule autorisée dès la blanche.
- Le kneebar : un « armbar pour la jambe » — hyperextension du genou.
- Le toe hold : rotation de la cheville/du pied via une prise figure-four sur le pied.
- Le heel hook : la plus puissante et la plus dangereuse — elle tord le talon, ce qui applique une torsion brutale sur le genou (ligaments).
- Le calf slicer : compression du mollet sur le tibia.
Les ashi garami (enchevêtrements de jambe)
Les leg locks se travaillent depuis les ashi garami — les positions d’enchevêtrement de jambe qui contrôlent la jambe adverse avant la finition. Le jeu moderne (single leg X, outside ashi, 50/50, saddle/honey hole) est tout un système de contrôle. C’est le travail de Lachlan Giles, médaillé ADCC qui a soumis trois ceintures noires bien plus lourdes par heel hook en 2019. Sans contrôle de la hanche et de la jambe, un leg lock ne tient pas.
Point clé : en leg lock, le contrôle vient AVANT la finition. Tu dois neutraliser la rotation de la hanche adverse (sinon il dégage son genou de la torsion) et contrôler la jambe avec ton ashi garami. Un heel hook posé sans contrôle de hanche, c’est soit un raté, soit un genou cassé — le tien ou le sien.
Légalité IBJJF par ceinture (à jour 2024-2025)
C’est LE point vital de cet article. En compétition IBJJF :
- Blanche : uniquement le straight ankle lock (en tournant à l’opposé du genou attaqué). Rien d’autre.
- Bleue : straight ankle lock. Pas de kneebar, ni heel hook.
- Violette : straight ankle lock + kneebar. Toujours pas de heel hook ni toe hold.
- Marron / noire — NO-GI : gamme complète — kneebar, toe hold, heel hook (intérieur et extérieur), calf slicer, knee reap.
- Marron / noire — GI : PAS de heel hook, ni knee reap, ni twisting knee lock.
Point clé : le heel hook est INTERDIT en gi à tous les niveaux IBJJF, et réservé au no-gi marron/noire. Mise à jour 2024 : au marron/noire, on peut désormais tourner dans les deux sens sur le straight ankle lock. Le règlement évolue souvent — revérifie sur le site IBJJF avant une compétition.
La sécurité : le heel hook ne prévient pas
Pourquoi le heel hook est-il si réglementé ? Parce qu’il ne fait pas mal avant de casser. Là où un armbar te prévient par la douleur du coude avant l’hyperextension, le heel hook attaque les ligaments du genou par torsion — quand la douleur arrive, le ligament a déjà lâché. D’où la règle d’or absolue : à l’entraînement, on tape au contrôle (dès qu’on sent l’ashi garami serré), pas à la douleur. Et on applique TOUJOURS lentement. C’est la soumission qui envoie le plus de monde à l’opération.
Les leg locks sont l’arme du no-gi moderne, à manier avec connaissance et respect. Elles complètent les clés de bras (armbar) et d’épaule (kimura). Reviens au guide des clés articulaires pour la vue d’ensemble. Et protège tes articulations en roulant.
Protège tes articulations avant de rouler.
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Sources :
- Evolve MMA — Where And When Are Leg Locks Allowed In BJJ
- Jits Magazine — IBJJF Rule Changes 2024 ; IBJJF official rules
- BJJ Fanatics — Are Leg Locks Legal in BJJ?
- Lachlan Giles — Heel hook / leg lock systems (ADCC)
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